Le gouvernement va ouvrir le chantier des conditions de travail dans l'agroalimentaire – et notamment dans les abattoirs – afin d'« apporter des réponses concrètes » et attirer les jeunes, a indiqué à l'AFP jeudi le ministre délégué à l'Agroalimentaire, Guillaume Garot.

« J'ouvre le chantier de la qualité de vie au travail dans l'agroalimentaire », a affirmé le ministre. Un comité de pilotage va se réunir pour la première fois le 12 décembre avec des professionnels, des représentants de salariés et des organismes spécialistes des conditions de travail. « On souhaite apporter des réponses concrètes avec un plan d'actions en juin 2014 », a poursuivi Guillaume Garot. « La modernisation de nos abattoirs doit aussi permettre la modernisation des conditions de travail », estime le ministre, qui pense que ce chantier doit aussi permettre d'améliorer l'image de métiers souvent peu attractifs.

Entre 7.000 et 10.000 emplois ne trouvent pas preneurs dans l'agroalimentaire, surtout des opérateurs (ouvriers) dans la viande, le lait ou les grains, a détaillé Yves Bayon de Noyer, en marge d'une conférence de présentation d'un dispositif média, mis en place par les industriels et les institutionnels, destiné à rendre le secteur plus attractif. Une plate-forme d'informations et d'offres d'emploi à destination des jeunes (notamment en alternance) a été inaugurée pour l'occasion, « Les alimétiers » (www.alimetiers.com).

« Nous souhaitons donner une image unie et plus attractive de nos métiers », a ajouté l'ex-chef d'entreprise, porte-parole de l'initiative, concédant que le chantier des conditions de travail était prioritaire pour faire venir des jeunes. « Il faut automatiser, afin d'éviter les travaux manuels trop répétitifs » qui suscitent des TMS (troubles musculo-squelettiques), selon Yves Bayon de Noyer. Mais il y a aussi un problème de fond car souvent ces entreprises sont fragiles et ont du mal à investir pour rénover les outils industriels, ajoute-t-il.

L'actualité vient récemment de l'illustrer à nouveau avec la suppression en Bretagne de près de 900 emplois dans la société de découpe et d'abattage porcin GAD SAS.