La balance commerciale agroalimentaire de la France s’est dégradée en avril 2020. Avec une chute de 312 millions d’euros par rapport à avril 2019, elle s’est élevée à 563 millions d’euros. La crise du Covid-19 a entraîné un repli des exportations comme des importations.

Contrairement à mars 2020, la baisse des exportations a été plus importante que celle des importations : - 785 millions d’euros, soit - 14 % en valeur contre - 473 millions et - 10 %, ce qui explique cette chute spectaculaire. C’est le constat qu’a dressé Agreste, le service statistique du ministère de l’Agriculture, dans sa note d’Infos rapides publiée le 16 juin 2020.

Évolution en ordre dispersé

Si le solde commercial français global est en baisse, ce n’est pas le cas de celui des produits bruts. Il est, en avril 2020, excédentaire de 374 millions d’euros, soit 40 millions de plus qu’en avril 2019. Cette tendance est tirée « exclusivement par l’amélioration du solde des échanges avec les pays tiers [hors Union européenne] », explique Agreste.

Le solde des échanges de produits transformés a perdu 352 millions d’euros par rapport à avril 2019, atteignant ainsi les 189 millions d’euros en avril 2020. Cette chute s’explique à 90 % par la baisse de l’excédent commercial avec les pays tiers : - 322 millions d’euros.

Le solde commercial des produits transformés a chuté de 352 millions d’euros en avril 2020 par rapport à avril 2019. (Gris : avril moyenne 2017-2019 - vert : avril 2019 - rouge : avril 2020.) © Douanes — CPF rév. 2.1, 2015

Baisse des importations de produits bruts

L’évolution positive de l’excédent commercial des produits bruts est due à la diminution des importations : –59 millions d’euros par rapport à avril 2019, soit une baisse de 5 %. Cette tendance s’explique par l’effondrement de la demande en poisson frais due à la crise du covid-19 : –70 millions d’euros sur les produits issus de la pêche et de l’aquaculture. L’augmentation de l’importation de fruits et légumes n’a pas été négligeable sur cette période, atténuant la baisse globale des importations.

Les exportations de produits bruts sont restées relativement stables entre avril 2020 et avril 2019 avec une baisse de 1 % (19 millions d’euros). Les ventes à l’exportation de graines de colza, de bovins à viande et de produits de la pêche et de l’aquaculture ont diminué. Celles de céréales (blé tendre et orge particulièrement), et en moindres mesures celles de fruits ont en revanche augmenté.

Les vins et spiritueux en mauvaise posture

La chute de l’excédent commercial des produits transformés en avril 2020, par rapport à avril 2019, est largement soutenue par le repli des exportations : –766 millions d’euros, soit –18 %. Les importations ont diminué de 414 millions d’euros (–11 %).

Les ventes à l’exportation de vins, de champagnes et de spiritueux font face à plusieurs crises consécutives. La mise en place de taxes par les États-Unis en octobre 2019 d’abord, les achats anticipés du Brexit, puis les mesures de confinement avec la fermeture des bars et restaurants ont grandement participé à la baisse des exportations dans ce domaine. Ce sont 305 millions d’euros de moins qu’en avril 2019 pour les vins et champagnes, et 43 de moins pour les spiritueux.

Du côté des importations, les viandes, et plus particulièrement la filière bovine, les produits laitiers et les boissons sont en repli : respectivement –125, –76 et –70 millions d’euros sur un an).

R.B.