Le repli des échanges lié à la crise sanitaire du Covid-19 et aux taxes américaines sur les importations de vins français a largement participé à l’évolution négative des exportations qui se contractent de 2,3 milliards d’euros (–4 % en valeur) sur l’année 2020.

Les importations ont-elles aussi baissé, dans une moindre mesure. Elles ont reculé de 0,9 milliard d’euros, soit –2 %, a indiqué Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture, dans sa note diffusée le 12 février 2021.

En résulte une diminution de la balance commerciale française de 1,4 milliard d’euros. Elle s’établit ainsi à 6,3 milliards d’euros, malgré une progression sur les deux derniers mois de l’année.

L’excédent commercial de l’année 2020 baisse sur un an, malgré une amélioration en novembre et décembre. © Douanes — CPF rév. 2.1, 2015

Les exportations de céréales augmentent

En 2020, l’excédent des échanges de produits agricoles bruts atteint 1,4 milliard d’euros et recule de 0,4 milliard par rapport à 2019, exclusivement du fait de la dégradation de l’excédent commercial avec les pays de l’Union européenne, détaille Agreste. Les exportations des produits de l’agriculture et de l’élevage restent stables, mais les résultats sont contrastés selon les produits.

Les ventes de céréales sont en hausse de 3 % sur un an grâce au premier semestre de l’année, au cours duquel les volumes disponibles à l’exportation ont grimpé. Cette progression s’explique en grande partie par la demande chinoise en blé tendre et en orge, liée à la reconstitution de son cheptel porcin. La faible récolte de 2020 a cependant limité cette hausse avec un repli des exportations lors du second semestre.

Les exportations de fruits frais sur l’année sont également en hausse de 2 %. En revanche, les exportations des autres produits bruts reculent.

Les importations de fruits et d’oléagineux progressent

Les importations de produits agricoles bruts progressent de 2 % par rapport à 2019, pour atteindre les 14 milliards d’euros. Les achats de fruits et d’oléagineux, qui ont respectivement gagné 0,3 et 0,1 milliard d’euros sur la même période, y ont participé. Ces hausses s’expliquent par les achats d’agrumes et par la baisse de la production française de colza en 2020, précise Agreste.

Les exportations de vins et de spiritueux toujours dans le rouge

L’excédent des échanges de produits transformés atteint 5 milliards d’euros en 2020, soit une baisse d’un milliard d’euros sur un an. La réduction du déficit commercial avec l’Union européenne ne peut compenser la forte baisse de l’excédent avec les pays tiers (respectivement +0,2 et –1,2 milliard d’euros).

Les exportations de produits transformés sur l’année 2020 reculent de 2,2 milliards d’euros par rapport à 2019 et atteignent les 46,7 milliards d’euros, du fait de la baisse de 2 milliards d’euros des ventes de vins et de spiritueux. Les taxes américaines ainsi que les conséquences de la pandémie en sont les principales causes.

Les importations, qui s’élèvent à 41,7 milliards d’euros, diminuent de 1,2 milliard d’euros sur un an (–3 %). Tous les produits transformés sont concernés excepté les aliments pour animaux, les produits issus de la première transformation des céréales et les autres produits alimentaires.

Raphaëlle Borget