Les effets de l’annonce du Premier ministre n’ont pas tardé à se faire ressentir. « Les Français pourront partir en vacances cet été », a indiqué le 14 mai 2020, Édouard Philippe. Et depuis, c’est la course au séjour de courte ou de longue durée en France. Un phénomène qui profite notamment à l’agritourisme.

Le boom des séjours courts

« Nous observons un grand changement depuis le 14 mai. Alors que la période du confinement a été difficile, avec des réservations en berne, nous recevons, depuis, plus d’une quarantaine d’appels par jour. Un chiffre qui devrait aller crescendo ces prochaines semaines », s’attend Adrien Gabillet, spécialiste du digital et fondateur de la plateforme internet, Agrivillage.

« Les week-ends du mois de mai sont arrivés au bon moment. Les personnes nous réservent le plus souvent aujourd’hui de courts séjours, dans un rayon de 100 km de leur habitation. »

Nouvel emballement attendu à partir du 2 juin

Pour les vacances d’été et les plus longs séjours, les réservations pourraient à nouveau s’emballer à partir du 2 juin, date à laquelle se prononcera à nouveau le gouvernement.

Lancée en février 2019, Agrivillage recense 440 exploitations dans toute la France. Sa particularité est de proposer des hébergements à la ferme, mais également des activités d’au moins 1h30 à faire avec les agriculteurs durant le séjour (participer à la traite, rencontre avec les animaux, visite d’exploitation, dégustation, fabrication de produits artisanaux, récolte de fruits et de légumes…).

« L’agritourisme est un revenu complémentaire pour les agriculteurs, c’est aussi une façon de faciliter le dialogue entre le milieu rural et les citadins. C’est pourquoi nous insistons bien auprès des agriculteurs qui souhaiteraient s’inscrire de la nécessité d’au moins une activité à faire découvrir. »

Face à la montée des gîtes des néoruraux

L’inscription est gratuite et sans engagement. « La personne peut supprimer son compte quand elle le souhaite. » La plateforme, qui assure le service téléphonique 7 jours sur 7, se rémunère sur chaque réservation à hauteur de 5 % du prix affiché par l’agriculteur, et des frais de dossier à la charge du client.

Pour Adrien Gabillet, renforcer la visibilité des fermes dans le tourisme est indispensable. « Nous voyons beaucoup de néo-ruraux ouvrir des gîtes. Il est important pour les agriculteurs de continuer à se différencier, à se faire connaître et à s’associer pour une offre complète sur une même plateforme. Le touriste aime avoir le choix. »

Avec l’association des Agriculteurs de Bretagne, Agrivillage lancera en juin une plateforme de « Visite à la ferme », sans hébergement.

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Rosanne Aries