L'agriculture de précision peut apporter beaucoup en termes de production alimentaire et d'environnement. Cependant, sa diffusion ne va pas de soi, considère un rapport du Parlement européen, disponible en anglais.  

L'agriculture de précision (AP) est basée sur « l'observation, la mesure et la réponse à la variabilité inter et intra-champ dans les cultures ou dans les élevages. Les avantages à en attendre sont principalement : une augmentation des rendements et/ou de la rentabilité de la production agricole, de meilleures conditions de travail, une amélioration du bien-être animal, une gestion optimisée de l'environnement. Ainsi, l'agriculture de précision peut-elle contribuer à l'objectif plus large d'une plus grande durabilité de la production agricole », souligne en substance le rapport.

En ce sens, l'AP « peut  jouer un rôle important dans l'Union européenne pour répondre à la demande croissante de produits alimentaires, d'aliments pour animaux et de matières premières, tout en assurant une utilisation durable des ressources naturelles et de l'environnement ». Néanmoins, poursuit le rapport, l'adoption de l'AP en Europe « se heurte à des défis particuliers en raison de la taille et de la diversité des structures agricoles ». Une évaluation des actions potentielles visant à soutenir son adoption par les petites et moyennes exploitations est donc identifiée comme un préalable important. A cet égard, la nouvelle Politique agricole commune (Pac) pourrait jouer un rôle significatif en ce qu'elle propose aux États membres de l'UE un certain nombre d'instruments et de mesures nouvelles, considèrent encore les auteurs.

En conclusion, le rapport formule plusieurs recommandations :

1. Une étude visant à identifier les régions de l'UE et la typologie des exploitations agricoles doit être faite, montrant où et dans quelles conditions l'AP pourrait être potentiellement mise en oeuvre avec des avantages pour la compétitivité des exploitations et/ou la protection de l'environnement.

2. Des études pilotes sont préconisées pour parvenir à une énumération impartiale des avantages potentiels de l'AP (en particulier en ce qui concerne l'environnement) et les utiliser comme exemples pour accroître la sensibilisation des agriculteurs, quels que soient le type ou la taille des exploitations.

3. Des dispositions du 2e pilier de la Pac pourraient contribuer au financement de l'AP. Les autorités de gestion de la politique de développement rural dans les États membres devraient évaluer ces opportunités au moyen d'études pilotes.

4. Des recherches et des études sont nécessaires pour améliorer les connaissances et les coûts-avantages de l'AP, en particulier en ce qui concerne l'impact environnemental. Les études de cas doivent aller au-delà des mesures agricoles pour tenir compte le plus largement possible de l'empreinte environnementale.

5. Un « calculateur de l'agriculture de précision » au niveau européen devrait être rendu disponible pour différents systèmes d'exploitation, avec une double ambition : les avantages pour l'environnement et les gains potentiels de production pour l'agriculteur.  

6. Les services de conseil agricole de chaque État membre pourraient jouer, en tant qu'organismes indépendants sans but lucratif, un rôle important dans le soutien aux agriculteurs en matière de technologie et de précision.

7) La sensibilisation et le transfert de connaissances liés à l'AP devraient être améliorés.

8. L'accès devrait être assuré à des produits gratuits et précis au service de l'AP. Les États membres devraient être encouragés à fournir un accès à des données de référence pertinentes.

9. Il est suggéré d'explorer la possibilité d'utiliser les données de l'AP à d'autres fins : gestion des exploitations, optimisation des intrants, modélisation des cultures...