L'Association tarnaise d'agriculture de groupe (Atag) fêtait ses vingt ans d'existence lors du congrès de Gaec et Sociétés organisé par ses soins dans le Tarn les 20 et 21 juin 2013. Vingt ans d'originalité puisque cette structure ouverte à tout agriculteur volontaire a pour but de l'aider à bien vivre dans son groupe. Elle s'adresse aussi bien aux Gaec qu'aux Cuma, aux groupements d'employeurs comme aux exploitants en couple, ou à toute forme d'association ou de société. Elle propose des conseils en organisation, communication, relations humaines et médiation. Elle dispense à la demande conseils individuels, formations collectives ou formations à la carte et sur mesure pour un groupe donné.

De nombreux agriculteurs ont témoigné lors de ce congrès. Selon Claude Viguier, qui fut président de l'association de 2004 à 2010, « quelle que soit la forme juridique que prend l'exploitation ou le groupe, le projet et la définition claire des relations entre associés ou adhérents restent centraux. Comme dans le reste de la vie, les sociétés se font et se défont. Ce n'est pas dramatique mais mieux vaut avoir prévu dès le début ce qui se passe en cas de rupture ».

Olivier Miquel, jeune agriculteur qui a été accompagné par l'Atag lors de son installation « hors cadre », partage l'idée de se dire clairement dès le départ quels sont les objectifs de chacun : « Nous arrivions à deux jeunes "hors cadre" dans un Gaec de deux personnes. Nous voulions que la situation de l'associé qui quittait le Gaec soit vite éclaircie et que notre objectif de prélèvements privés soit mis sur la table. L'agriculture est un sport d'équipe. La société permet à des jeunes d'avoir accès au foncier, de répartir les risques, de dégager du temps libre et de cumuler des compétences diverses. Après, il faut vite se dire les choses. Sinon cela devient vite une bombe atomique. »

« Il faut pouvoir se faire confiance »

Les autres témoignages insistaient sur la nécessité d'établir des règlements applicables et appliqués, de formaliser y compris l'entraide pour éviter ensuite les déboires : « Il faut pouvoir se faire confiance dans le groupe, que ce soit la banque d'entraide, la Cuma ou le groupement d'employeurs. Nous travaillons avec toutes ces formes d‘organisations. Ce n'est pas compliqué si on se fait confiance. Ensuite, il vaut mieux rester dans des groupes de taille raisonnable, c'est-à-dire que l'on peut gérer entre nous, sans administratif, pour garder cette confiance. Nous avions accueilli dans notre groupe d'entraide un jeune qui, au bout de trois ans, "oubliait" toujours de rendre ses heures. Nous avons vite été amenés à préciser le nombre maximum d'heures à restituer pour lui mettre une limite », racontait le responsable d'une banque de travail du Tarn.

« Quand cela fonctionne, c'est le plaisir du travail à plusieurs qui amène davantage de solutions, c'est l'ouverture d'esprit, une meilleure organisation des chantiers de récolte de fourrage qui diminue le stress et augmente la qualité des fourrages, donc le revenu », estimait un autre responsable de Cuma. Pour tous ces groupes qui se sont appuyés sur le savoir-faire de l'Atag pour établir leurs règles de fonctionnement, travailler en groupe ne coupe pas la liberté de chaque exploitant, même si, pour fonctionner, il faut règlements, rigueur, régularité dans les rencontres, sincérité et liberté de dialogues. « Avec les autres agriculteurs, on construit quelque chose. Ce n'est pas comme avec son banquier. Un jour, proche ou lointain, ton voisin te rendra sous une forme ou une autre ce que tu as donné. Et pour nous éleveurs, récolter le fourrage en temps et en heure, c'est du revenu en plus », concluait l'un des participants.

Marie-Gabrielle Miossec