« L’agriculture biologique connaît un fort développement depuis 2015, avec un changement d’échelle. Elle génère de nouvelles interrogations, attire de nouveaux acteurs », introduit Guillaume Riou, président de la Fnab (1), lors d’une conférence de presse le 18 février 2020. C’est dans une optique de relocalisation française du bio que la Fnab a signé une collaboration avec le groupe Picard pour lancer le label « bio français équitable » (BFE).

Valoriser une production locale

Ce label garantit aux consommateurs des légumes biologiques produits en France, et un prix rémunérateur aux producteurs, tout en respectant les critères du commerce équitable (2). Il sera utilisé pour la première fois sur quatre produits de la gamme construite avec Picard (courgette, maïs, haricot vert et carotte), pour l’instant en Nouvelle Aquitaine et Occitanie, où les légumes sont cultivés, transformés et distribués localement. L’opération, si elle rencontre son succès, pourra être étendue à d’autres régions. «L’idée pour Picard était de créer du lien avec les producteurs, et de co-construire une gamme», indique Philippe Pauze, président de Picard.

« Ce partenariat prend la forme d’un contrat tripartite sur trois ans, entre organisations de producteurs bio, un transformateur du Sud-Ouest de la France et le groupe Picard, explique Stéphanie Pageot, secrétaire nationale de la Fnab. Construire un partenariat sur les valeurs du commerce équitable, c’est là qu’on a envie d’emmener le bio français de demain. » Pour l’heure, trois producteurs sont impliqués dans le projet.

Répondre à des besoins différents

« Il a fallu trouver une adéquation entre besoins technologiques des industriels et variétés adaptées au terroir des producteurs, et au mode de production biologique, souligne Stéphanie Pageot. Aujourd’hui en bio, il n’y a pas suffisamment de recherche sur les variétés. Le retard est énorme. »

« Le challenge a aussi été d’élaborer un prix de revient. Pour cela, la Fnab a mis en place un outil pour construire son prix rémunérateur. Il prend en compte les rendements sur trois ans, les risques climatiques, le besoin en fonds de roulement, la capacité d’autofinancement… », ajoute-elle. Le produit final estampillé « BFE » est vendu 5 à 10 % plus cher par Picard. « Notre ambition dans 4 à 5 ans est de doubler ou tripler le nombre de produits bio, et d’accélérer l’équitable », confie Philippe Pauze.

J.P.

(1) Fédération nationale d’agriculture biologique

(2) définit dans la loi sur l’Economie sociale et solidaire de 2014