Avec l’installation quotidienne, de janvier à juin 2016, de 21 nouvelles fermes dont l’activité principale est l’agriculture biologique, ce mode de production connaît en France un rythme de « croissance historique », a commenté le 21 septembre 2016 le directeur de l’Agence bio, Florent Guhl, lors d’une conférence de presse organisée à Paris.

Le secteur qui confirme ainsi son envol, compte désormais 31 880 producteurs, soit un taux de conversion en hausse de 10 % par rapport à la fin de 2015. Et les terres qui lui sont consacrées devraient dépasser « d’ici à la fin de l’année » la barre du 1,5 million d’hectares, ce qui correspond à plus de 5,8 % de la surface agricole utile.

La Région Occitanie est la première en nombre de producteurs bio (7 204), suivie par l’Auvergne-Rhône-Alpes (4 719) et la Nouvelle Aquitaine (4 637). La façade ouest affiche aussi un fort dynamisme lié, selon l’Agence bio, à l’engagement des producteurs de lait.

+30 % de lait bio projeté d’ici à 2018

La plus grande progression est enregistrée du côté des éleveurs de bovins laitiers, avec plus de 560 producteurs spécialisés engagés en six mois. « Après la période de conversion de deux ans, la filière attend donc un développement de l’ordre de 30 % de la collecte de lait bio d’ici à 2018 », a expliqué le président de l’Agence bio, Didier Perréol.

Mais comme en 2015, la filière des grandes cultures conserve la palme des conversions bio (avec 740 engagements), suivi par l’élevage bovin allaitant (400 engagements). Les régions de maraîchage bio connaissent aussi de bonnes progressions, notamment la Provence-Alpes-Côte d’Azur (+10 %), le Rhône-Alpes (+8,5 %) et la Bretagne (+8 %).

Un marché bio de 6,9 milliards d’euros

« Ces chiffres nous rassurent quant à notre capacité à suivre le rythme bio », a repris Florent Guhl. Car en matière de consommation de produits bio, la croissance est aussi manifeste : avec une progression de 20 %, le marché devrait atteindre 6,9 milliards d’euros en 2016. Soit, une hausse de 20 % par rapport à 2 015. Les grandes surfaces occupent toujours la plus grande place, avec des ventes qui ont globalement progressé de 18 % au premier semestre de 2016 (par rapport à la même période en 2015). « La vente directe est aussi en progression, elle poursuit son développement dans tous les secteurs de produits, avec une forte place faite au vin. »

Une baisse des rendements attendue en grandes cultures

Malgré tous ces chiffres en progression, les dirigeants de l’Agence bio interpellés sur la crise agricole, ont confirmé que l’agriculture biologique n’était pas non plus épargnée. « On s’attend pour la filière des grandes cultures à des rendements en 2016 inférieurs de 40 ou 50 %. Mais nous n’avons pas pour l’heure de chiffres définitifs ; on peut craindre, cependant en effet, des années difficiles », a poursuivi Didier Perréol.

Un observatoire des prix en réflexion

Pour mieux accompagner les producteurs, l’Agence bio a par ailleurs annoncé réfléchir avec FranceAgriMer et l’Inao (Institut national de l’origine et de la qualité) à la mise en place d’un Observatoire de la formation des prix et des marges. Même si « sur certains produits phares, comme le lait, une observation des prix existe déjà et leurs résultats pourraient être rendus en 2017 », a encore ajouté François Guhl.

Rosanne Aries