Quelles sont les actions de votre agence de l’eau en faveur de l’agriculture ?

Laurent Roy, directeur général de l’agence de l’eau RMC : Les agences de l’eau sont déjà les principaux financeurs de la conversion à l’agriculture biologique. Dans notre bassin plus particulièrement, nous nous concentrons sur les produits phytosanitaires. Ici, ce sont les systèmes méditerranéens qui dominent, avec beaucoup de viticulture, d’arboriculture et de maraîchage. Dans le cadre du volet régional d’Ecophyto 2, nous finançons des pulvérisateurs qui permettent de réduire les traitements, ou des aires de vidanges sécurisées. Il existe également des aides à l’animation de groupes d’exploitants dans le cadre des appels à projets Ecophyto.

Laurent Roy, directeur de l'agence de l'eau Rhône, Méditerranée et Corse. © Daniel Gillet/RMC

Le plan sur la biodiversité prévoit de consacrer 150 millions d’euros au paiement de services environnementaux, financés par les agences de l’eau. Quelles seront les conséquences de cette annonce pour votre agence ?

La loi de finances pour 2018 a entraîné une baisse de près de 20 % des crédits de l’ensemble des agences de l’eau. Dans ce contexte, les 150 millions annoncés représentent 50 millions supplémentaires à trouver chaque année à l’échelon national. Pour notre agence, cela représenterait environ dix millions d’euros de contribution par an. Ce chiffre doit être comparé aux 35 millions d’euros que nous consacrons chaque année aux pollutions d’origine agricole, mais il reste significatif.

Comment allez-vous trouver ce budget ?

Nous sommes aujourd’hui en attente d’un mode d’emploi. Si nous conservons la même enveloppe pour l’agriculture, nous devrons repenser notre répartition des aides. En revanche, s’il s’agit de consacrer plus d’argent à ce secteur, il nous faudra alors baisser les aides aux collectivités dans le domaine de l’eau potable et de l’assainissement. Le ministère devrait envoyer avant la fin du mois de juillet des précisions complémentaires sur la manière de procéder.

Concernant la mise en place des paiements pour services environnementaux, quels seront les projets éligibles et les modalités de financement ?

De ce que l’on comprend de la commande ministérielle, il s’agit d’une expérimentation en vue de la prochaine politique agricole commune. Dans notre région et ailleurs, un certain nombre d’initiatives peuvent donner des idées. Lons-le-Saunier, par exemple, depuis 1992, rachète la production biologique de la commune pour alimenter la restauration collective. On sait aussi que l’agence de l’eau Seine-Normandie accompagne les exploitants pour développer les cultures à bas niveaux d’intrants sur les captages d’Eau de Paris. Pour nous, ces paiements pour services environnementaux devront être encadrés par les plans de développement rural. Actuellement, le système du Feader et la déclinaison des plans régionaux nous permettent de bien cibler les actions qui correspondent à nos priorités.

Propos recueillis par Ivan Logvenoff