L’accord de libre-échange (Ceta) entre l’Union européenne et le Canada a été ratifié le 15 février par le Parlement européen. Mais c’est un autre accord qui inquiète au plus haut point la FNO : « Celui entre l’UE et l’Australie/Nouvelle-Zélande que la Commission européenne proposera aux États membres de négocier à partir de cet été. »

Le syndicat ovin a donc envoyé une lettre au ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll et au secrétaire d’État au Commerce extérieur Mathias Fekl, avec copie à Phil Hogan et Cecilia Malmström, commissaires européens respectivement à l’Agriculture et au Commerce, afin de leur faire part de son inquiétude dans un contexte économique « particulièrement incertain ».

« Alors même que le Brexit viendra bouleverser nos échanges de viandes ovines et pourrait affecter considérablement les prix pratiqués sur notre marché ; alors même que c’est justement vers le Royaume-Uni que se dirigent, aujourd’hui, la majorité des 287 000 tonnes de viandes ovines arrivées en Europe dans le cadre d’un accès privilégié ; c’est une hausse des contingents d’importation accordés à l’Océanie que la Commission européenne semble envisager ! », s’inquiète Michèle Boudoin, présidente de la FNO.

C’est « une attitude incompréhensible, pour les éleveurs de brebis, qui relèvent doucement la tête après plusieurs décennies d’immenses difficultés au cours desquelles ils ont vu disparaître plus de la moitié de leur cheptel », proteste le syndicat.

Les éleveurs ont davantage besoin « de soutien dans nos actions de promotion pour relancer la consommation… pas de plus de viandes néo-zélandaises ou australiennes dans nos rayons ! À nos côtés, exigez l’exclusion de la viande ovine de ces négociations », conclut la FNO.