Dans un rapport intitulé « un accord perdant-perdant », dévoilé le 19 novembre 2019, la fondation Nicolas Hulot (FNH) et l’institut Veblen rendent compte de leur analyse du projet d’accord commercial entre l’Union européenne (UE) et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay et Venezuela).

Climat et biodiversité : « complètement oubliés »

Pour les deux organisations, l’impact environnemental de l’éventuelle mise en œuvre de l’accord UE-Mercosur risquerait d’être majeur. Elles estiment que l’augmentation des exportations des pays du Mercosur vers l’UE devrait entraîner une augmentation de leur production agricole.

« Sans mesure préventive, cela pourrait avoir des conséquences dramatiques sur la déforestation, les émissions de gaz à effet de serre et l’utilisation de produits phytosanitaires », alertent-elles. Elles considèrent que le climat et la biodiversité « sont complètement oubliés » de l’accord et demandent à la France « d’abandonner immédiatement l’accord en cours de finalisation, alors que les indicateurs environnementaux sont au rouge ».

Absence de contraintes

La FNH et l’institut Veblen regrettent que « le chapitre « commerce et développement curable » du projet d’accord ne soit pas contraignant ». Le rapport pointe du doigt les engagements vagues que doivent respecter les parties de l’accord en matière de développement durable et l’absence de sanction en cas de manquement à ces engagements. Il considère également ce projet d’accord comme une menace pour l’agriculture européenne.

Agriculture européenne en péril

« Pour faciliter les échanges, l’accord limite les possibilités de contrôle, quitte à reléguer la sécurité sanitaire au deuxième plan », souligne les deux organisations. Bien que les défenseurs du projet d’accord assurent que des contrôles efficaces seront réalisés, pour empêcher l’arrivée sur le territoire européen de denrées ne respectant pas les normes communautaires et que cela permettra aux pays américains d’augmenter leurs standards de production, la FNH et l’institut Veblen considèrent que l’accord « ne changera rien ». « Aucune disposition ne figure dans l’accord pour faire respecter les règles exigées par le consommateur européen auxquelles sont soumis les agriculteurs de l’UE ».

B. Quantinet