Après d’importantes avancées ces derniers mois, les deux parties, qui s’étaient fixé l’objectif de conclure les négociations en 2017, avaient convenu en décembre qu’il restait quelques « problèmes à régler ». Débutées lundi, les négociations doivent se poursuivre jusqu’au 17 janvier. Le Mexique était en 2016 le 13e partenaire commercial de l’Union européenne.

Ça coince sur le Manchego

Les discussions n’ont entre autres pas suffisamment avancé sur le secteur agricole, en particulier les produits laitiers, très sensible pour les Européens, ainsi que sur l’ouverture des marchés publics mexicains, expliquait en décembre une source proche du dossier. Le fromage de type « Manchego » produit au Mexique figure parmi les quelque 300 origines géographiques spécifiques (AOC) que l’UE entend protéger, dont des vins, des bières et des charcuteries.

Mais cela coince du côté des producteurs de fromage de la deuxième économie de l’Amérique latine, où le « Manchego » mexicain a 15 % du marché local des fromages. « Les gens l’identifient comme un produit très local qui n’a aucune référence à ceux qui sont produits dans l’Union européenne », a déclaré Miguel Ángel Garcia Paredes, représentant de la filière laitière mexicaine (Canilec).

Le Canada pour modèle

L’UE et le Mexique ont engagé en mai 2016 des pourparlers pour dynamiser leurs échanges commerciaux en modernisant un accord entré en vigueur il y a 18 ans, avec l’objectif de le mettre en conformité avec le traité signé avec le Canada, le Ceta, dont l’UE veut faire un modèle.

Les deux parties avaient annoncé quelques mois plus tard, en février 2017, leur intention d’accélérer leurs discussions, portées par l’élection entre-temps du protectionniste Donald Trump à la présidence des États-Unis.

Les échanges ont augmenté après l’élection de Trump

Le président américain a rapidement remis en cause l’accord de libre-échange de son pays avec le Mexique et le Canada, l’Alena, que les trois parties ont commencé à renégocier, ce qui a conduit Mexico à diversifier ses débouchés commerciaux. Cet accord a permis d’instaurer une zone de libre-échange entre les deux parties avec, pour conséquence, un accroissement des échanges et des investissements bilatéraux.

Le commerce entre le Mexique et l’Union européenne a ainsi triplé entre 1999 et 2016, selon les autorités mexicaines. Les exportations mexicaines vers l’UE, qui atteignent 19 milliards de dollars (16 milliards d’euros), restent néanmoins modestes en comparaison des 302 milliards de dollars (255 milliards d’euros) exportés l’an passé vers les États-Unis.

AFP