« Le Brésil, premier exportateur mondial de viande de volailles, aura la plus grande part du gâteau, bien qu’il exporte déjà près de 500 000 t dans l’Union européenne chaque année », s’agace l’Avec [dont le président est le Français Paul Lopez (1), NDLR], dans un communiqué publié le 19 juin 2019.

Une semaine après le cri d’alarme de l’interprofession française de la volaille de chair, l’association européenne rappelle que « de nombreux audits réalisés par la Commission européenne en 2013 et 2017 ont mis en lumière de graves lacunes dans le respect des règles européennes pour les exportations brésiliennes, sans oublier le scandale de la viande avariée, conduisant à la radiation de 20 établissements brésiliens ».

« Non-respect des standards »

Alors que les éleveurs européens ont « investi du temps et de l’énergie pour respecter les standards européens en termes de bien-être animal, de sécurité alimentaire, et de protection de l’environnement », l’Avec souligne qu’« il existe des preuves évidentes émanant de la Commission européenne que les Brésiliens ne se conforment pas aux standards européens ».

Les importations du Mercosur étant essentiellement destinées à la restauration hors foyer, « les consommateurs ne pourront pas vérifier s’ils mangent de la viande produite dans des conditions moins strictes [qu’en Europe, NDLR]. »

Sur le volet de l’emploi, l’association chiffre à 300 000 le nombre de personnes travaillant dans le secteur de la viande de volaille en Europe, et estime que « les pertes d’emploi liées à cet accord [avec le Mercosur] auront un impact significatif dans les zones rurales, où se trouve l’essentiel de l’activité de la filière ».

V. Gu.

(1) Également président de la Fédération des industries avicoles et membre de la direction de LDC.