C’est vers le président de la République que l’Anvol se tourne ce 13 juin 2019 dans un communiqué de presse. Faisant suite aux récentes annonces des présidents argentin et brésilien évoquant la conclusion imminente d’un accord, l’interprofession rappelle à Emmanuel Macron ses engagements du 11 octobre 2017 à Rungis lorsqu’il évoquait notamment les pays « qui n’ont pas notre exigence environnementale, qui n’ont pas notre exigence de qualité, qui n’ont pas notre organisation ».

Le plus gros contingent européen

« 900 000 tonnes, c’est le niveau actuel des importations de viande de volaille dans l’Union européenne en provenance des pays tiers, rappelle l’Anvol. Cela correspond à un quart des filets de poulet consommés par les citoyens européens, plus du tiers proviennent du Mercosur. Il s’agit du plus gros contingent d’importation de viande en Europe, faisant de la filière de la volaille de chair le secteur d’élevage le plus ouvert sur le plan commercial. »

L’interprofession estime que « de nouvelles concessions en matière de contingents d’importations de viandes de volaille auraient des conséquences catastrophiques sur la filière européenne et française. Si les chiffres qui ont circulé il y a quelques mois se confirment, l’Union européenne pourrait importer alors près d’un million de tonnes de poulet après la signature de l’accord, soit presque le niveau de la production annuelle de poulet en France. »

Avec « un poulet brésilien [qui] coûte près de deux fois moins cher qu’un poulet européen, car toutes les exigences imposées au poulet européen ne s’y appliquent pas », la filière française risque d’avoir du mal à remonter la pente et à reconquérir son marché intérieur. « Faut-il rappeler qu’en France, près d’un poulet sur deux est déjà importé, et que l’ouverture de nouveaux contingents reviendrait à mettre en concurrence des filières ne respectant pas les mêmes exigences ? »

E.R.