« Oui, la guerre, c’est le genre de relation que nous avons en aval avec la grande distribution », assure Jean-Paul Bigard, président de Culture Viande, lors de l’assemblée générale du syndicat des industriels de l’abattage, de la découpe et de la transformation ce mardi 24 septembre 2019 à Paris.

Un système « grippé »

Alors que les négociations commerciales entre transformateurs et distributeurs débuteront dans les prochaines semaines, « je n’entends parler que de marques de distributeur, d’augmentation de la pression sur les prix. Or les volumes de vente sont en retrait, et nous voyons disparaître des bouchers dans certaines enseignes qui s’en préoccupent peu. C’est très inquiétant. » Pour le président de Culture Viande, « il semble y avoir une corrélation entre le professionnalisme des bouchers et la file d’attente devant le rayon ».

Le défi est de taille pour les professionnels de la viande. « Si au niveau mondial, les besoins seront encore plus importants à l’avenir, sur notre petit territoire, il faut s’attendre à voir cette consommation baisser, estime Jean-Paul Bigard. […] Pendant trente ans, la distribution a été une véritable locomotive pour le développement de la viande. Aujourd’hui, le système se grippe. Il va falloir trouver de nouvelles méthodes pour toucher le consommateur. »

Vers une « unité syndicale »

Dans un tel contexte, le rapprochement entre Culture Viande et Fedev, la fédération de l’industrie et du commerce en gros des viandes se dessine. « Nous devons tendre vers une unité syndicale et défendre ensemble nos valeurs et nos viandes, estime Gilles Gauthier, son président. Pendant près de 25 ans, nous ne nous sommes pas parlé. »

Pour Jean-Paul Bigard, « il ne faut pas que la période de doute ou d’hésitation s’éternise. Sauf à ce que le sujet soit remis en question, il ne nous reste plus qu’à prendre un calendrier lors de notre prochaine réunion le 10 octobre afin de déterminer une échéance pour la convocation d’une assemblée générale. »

V. Guyot