La France comptait 1,2 million d’exploitations agricoles en 1979 contre 490 000 en 2010. Si cet écart est impressionnant, il cache une évolution profonde de l’agriculture française en trente ans. Durant cette période, les campagnes de l’Hexagone ont été remodelées au rythme des changements de cap de la Pac. Les services de la statistique et de la prospective (SSP) du ministère de l’Agriculture ont retracé ces évolutions dans un rapport paru le 29 décembre 2017.

Changement de taille

Via la diminution du nombre d’exploitations, c’est, en toute logique, la taille de ces dernières qui a évolué. Les structures de moins de 50 ha représentaient 88 % des fermes françaises en 1979, contre 60 % en 2010. Les agriculteurs exploitant plus de 100 ha n’étaient que 3 % en 1979 contre près de 20 % en 2010. Les agriculteurs français ont également tendance à se spécialiser, c’est-à-dire à utiliser les deux tiers de leur surface pour leur production principale.

Si les exploitations de moins de 5 ha représentent encore aujourd’hui 25 % des fermes françaises, le rapport précise que « ce critère est en effet peu adapté pour les productions dites « hors sol » ». Pour ne pas passer à côté de ces exploitations, Pascal Pollet, l’auteur du rapport, se fie à la production brute standard pour mesurer la taille d’une ferme.

Un classement sur la production brute standard

Les structures générant moins de 25 000 € de production brute standard sont considérées comme « petites », celles produisant entre 25 000 et 100 000 € sont qualifiées de « moyennes » et les autres de « grandes ». Les moyennes et grandes structures au sens économique du terme représentent 64 % des exploitations. Elles utilisent 93 % de la SAU française et génèrent 97 % de la production brute standard.

L’évolution des fermes françaises a aussi eu un impact sur les productions. « La superficie des grandes cultures n’a cessé d’augmenter entre 1980 et 2000, avant de se réduire dans les années 2000. Cette évolution s’est faite au détriment des cultures fourragères, dont la sole a régressé de 3,8 millions d’hectares en trente ans », analyse le rapport. Ce transfert s’est fait dans un contexte général de déprise des terres agricoles avec une perte de 2,8 millions d’hectares entre 1980 et 2010.

Moins de vaches laitières et d’ovins

Cette évolution de l’occupation des surfaces s’est accompagnée d’une diminution des effectifs de bovins et d’ovins. « En trente ans, le troupeau de bovins a perdu environ 4 millions de têtes, du fait de la réduction du nombre de vaches laitières : d’une part, l’introduction des quotas laitiers à partir de 1984 a limité la production de lait ; d’autre part, la hausse des rendements a permis de produire davantage avec moins d’animaux », analyse le rapport. Dans le même temps, le cheptel de vaches allaitantes a augmenté d’un million de têtes et celui d’ovins a diminué de cinq millions.

Ce rapport met en lumière d’autres évolutions du monde agricole comme la progression de 46 % des rendements en blé entre 1980 et 2010. Il revient également sur le nombre de personnes travaillant dans les exploitations agricoles qui s’élèvent à 966 000 en 2010. Soit 52 % de moins que 20 ans auparavant. Ces travailleurs agricoles sont également une part plus importante de salariés en 2010 qu’en 1988.

T.D.

Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Commerce calme

Le commerce des femelles reste calme. Privées du débouché des restaurants, la valorisation des pièces nobles est toujours difficile. En jeune bovin, si les envois de pièces arrière vers l’Italie doivent se montrer un peu plus étoffés les prochaines semaines, les volumes resteront en deçà des niveaux atteints les années précédentes face à la concurrence toujours marquée de la viande espagnole.