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Les agriculteurs au contact du président

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Fermeté et ouverture. Emmanuel Macron, talonné par son ministre de l’Agriculture, a fendu la foule pour répondre à un maximum d’interpellations d’agriculteurs, parfois anxieux. © LE PARISIEN/MAXPPP

La 55e édition du Salon international de l’agriculture a débuté samedi 24 février, avec comme premier visiteur le président de la République.

Flamberge au vent, Emmanuel Macron a passé plus de douze heures dans les allées du Salon international de l’agriculture, contraint parfois de riposter aux critiques faites à son gouvernement. Deux jours avant l’inauguration de l’événement, le chef de l’État avait prévenu qu’il n’était pas là pour plaire. Et sa visite fut à des kilomètres de l’opération séduction. Difficile de passer à côté de ces images, diffusées en boucle ce week-end par les médias, d’un Macron sur les dents, à la limite « d’engueuler » un céréalier remonté contre l’interdiction du glyphosate. Dommage. Car s’il est indéniable que le président n’a pas pu faire l’économie du chahut et des sifflets - comme n’importe quel homme politique d’ailleurs -, sa visite était aussi un appel au dialogue, une manière de se rapprocher d’un milieu qu’il connaît peu.

Dans le hall 1, qui regroupe les filières d’élevage, Emmanuel Macron a aussi souri, serré des mains, et pris le temps d’échanger avec des éleveurs inquiets, mais calmes. D’ailleurs, loin du branle-bas de combat provoqué par son passage, les discussions entre agriculteurs sont souvent sereines et rationnelles.

Discuter, pas s’opposer

« Le soutien de l’État est primordial, lance une éleveuse, la tête contre le flanc de sa vache. Si j’arrivais à parler avec le président, je ne voudrais pas m’opposer à lui, juste discuter. » Un peu plus loin, un éleveur estime qu’Emmanuel Macron « est le seul à pouvoir trouver des solutions à nos difficultés. Si nous voulons échanger, il faudrait avoir la maturité de s’écouter. »

D’une main de fer dans un gant de velours, le président reste rassurant et caresse parfois ses interlocuteurs dans le sens du poil. Ainsi se saisit-il de chaque ligne lancée au fil des rencontres dans les travées. Pac, relations avec les distributeurs, glyphosate, plan Loup, projet d’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur… Tout y passe, plus ou moins habilement. Pour l’ouverture des vannes aux viandes sud-américaines, par exemple, il assure : « Jamais, je ne vous demanderai des efforts en laissant d’autres, qui sont soumis à d’autres règles, rentrer sur le marché. » Et d’insister : « Jamais ! » Deux jours plus tard, Cecilia Malmström, commissaire européenne au Commerce, annonçait pourtant être « très proche d’un accord » commercial, bien qu’il y ait encore « des questions agricoles à résoudre ».

L’Europe, toujours, n’en finit pas de provoquer des débats sur la Politique agricole commune. À quelques minutes d’une rencontre avec le commissaire européen à l’Agriculture, Emmanuel Macron déclare qu’il défendra « un mécanisme de garantie de prix minimum pour les éleveurs européens », sans quoi, « ce sera le marché du prix qui aura décidé pour nous ».

Le président n’a pas fait non plus l’économie des interrogations sur le plan d’investissement promis à l’agriculture, pour lequel il s’est engagé à hauteur de cinq milliards d’euros. Compte-t-il les trouver sous le sabot d’un cheval ? Non, il répond avoir « évoqué un milliard pour les garanties de haut de bilan et 900 millions pour le fonds de mécanisation » et que, « pour le reste, on fera des appels à projet ». Dans un registre plus léger, Emmanuel Macron ne repart pas les mains vides : point de caisses de vin ni de sacs de fromages, mais une poule, bien vivante, offerte par les poulets de Loué.

Hélène Chaligne
Concours. Fascinants pour le grand public, les bovins étaient aussi là pour prétendre au titre de grand(e) champion(ne) du concours général agricole. Ici, Hamilton, une normande en troisième lactation, « incarne la mixité de la race », selon le juge Jean-Philippe Duchange. © Jerome CHABANNE
Vente aux enchères. Lors de la manifestation organisée par Limousin promotion, les onze femelles de boucherie limousines se sont vendues 9 300 € en moyenne. Le record de l’édition, à 16 100 €, a été attribué au restaurant Hall West, de Limoges. © Cédric FAIMALI
Laboratoire portatif. Arvalis a présenté son nouvel outil d’analyse de sol au stade pré-opérationnel. Onze paramètres sont mesurables aux champs. © Cédric FAIMALI
Grande distrib’. Cette année encore, présence en grande pompe de Lidl, qui a profité du salon pour signer de nouveaux contrats tripartites en porc et lait. © Cédric FAIMALI
Ovinpiades. Rémi Roux, du CFAA du Lot, a remporté l’édition 2018 du championnat des meilleurs bergers. Océane Benoit, du même établissement, est arrivée en tête chez les filles. © Cédric FAIMALI
Les start-up agricoles à l’honneur

L’agriculture connectée est une réalité et c’est ce qu’ont voulu montrer les start-up regroupées autour du chêne de La Ferme digitale, dans le hall 4. Parmi la quinzaine d’entreprises présentes, on trouve aussi bien des noms connus comme Agriconomie et Karnott, que des solutions plus récentes comme l’offre de connexion des pâtures de Pampaas.

Dimanche 25 février, la Ferme digitale a accueilli la treizième édition du concours Agreen-Startup. Cette année, neuf porteurs de projets ont été sélectionnés pour présenter leur solution à un jury, dont faisait partie La France agricole. Le premier prix a été attribué à Hortimind. Ce projet, monté par une entreprise spécialisée dans l’éclairage pour l’horticulture et le maraîchage, propose une solution de traitement des plantes par la lumière, fondée sur l’intelligence artificielle. Le jury a choisi deux ex aequo pour le second prix. Il a tout d’abord récompensé un projet mature avec Precifield, une solution d’analyse du sol par scanner qui permet d’établir une cartographie de textures, matières organiques, phosphore et potassium. Ce lauréat bénéficiera d’un soutien du Groupe France agricole. Le second projet est encore en phase de démarrage. Drone Protégel veut équiper des drones de brûleurs, afin qu’ils soufflent de l’air chaud au-dessus des cultures pour les protéger du gel. Le troisième prix a récompensé Terra Innova. Cette start-up veut mettre la terre dont se débarrassent les entreprises de BTP à disposition des agriculteurs.

© Cedric FAIMALI/GFA
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Cet article est paru dans La France Agricole

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