La loi Egalim passe mal auprès des semenciers. L’UFS (1) évalue à au moins 450 millions d’euros l’impact sur le chiffre d’affaires de la filière de l’article 83 de la loi, interdisant la production, le stockage et la circulation des produits phyto qui ne seraient plus homologués au niveau européen à partir de janvier 2022.

Différentiel de compétitivité

Ainsi, à partir de cette date, les semenciers français ne pourront plus exporter hors de l’UE des semences multipliées et enrobées avec des produits de traitement de semences interdits en Europe. Ce qui pourrait menacer les investissements industriels hexagonaux, avec un risque de délocalisation d’une part de l’activité semencière. « Certaines de nos usines font 75 % de leur chiffre d’affaires à l’export, une partie concernant les pays tiers, a signalé Franck Berger, président de l’UFS, le 8 novembre à Paris.

Autre inquiétude pour l’UFS : l’arrêt de la Cour de justice de l’UE sur la mutagénèse, publié le 25 juillet dernier. Les semenciers considèrent qu’il s’agit d’un frein à la recherche en Europe. « Nous faisons face à des injonctions contradictoires complexes, déplore Franck Berger. D’un côté, on nous sollicite pour être des acteurs de la transition agroécologique. De l’autre, nous ne bénéficions pas des outils nécessaires pour y arriver. » Selon lui, « l’amélioration des plantes contient beaucoup de clés pour lutter contre les stress biotiques et abiotiques », donc pour réduire l’utilisation des produits phyto.

Isabelle Escoffier

(1) Union française des semenciers.