Un arrêté autorisant le tir de deux loups supplémentaires, mâles ou femelles, jeunes ou adultes, d’ici fin juin, est paru ce 19 avril au Journal officiel. Ils viennent en supplément du plafond de 36 individus fixé par l’arrêté du 5 juillet 2016. Un deuxième arrêté pour relever à nouveau le seuil de prélèvement de 2 têtes d’ici au 30 juin, est prêt à être validé, si le quota des 38 loups était atteint.

Groupe prospectif

La Fédération nationale ovine (FNO) et la Confédération paysanne (CP) attendaient avec impatience ces deux arrêtés, alors que les montées en estives se profilent. En revanche, les syndicats se disent déçus par les deux expertises collectives (1) commanditées par le ministère de l’Environnement. L’approche centrée sur le loup et le territoire français ne leur convient pas. Or un groupe de travail prospectif mis en place sous l’égide du ministère et qui rassemble associations, État et professionnels, doit s’appuyer sur ce travail pour élaborer le prochain Plan loup lors de réunions à venir. Pour Olivier Bel, de la CP, « la cohabitation entre le loup et l’élevage est impossible dans les conditions actuelles sans tirs ciblés ». Pour Claude Font, de la FNO, « il faut faire baisser la prédation et protéger les troupeaux grâce à une plus grande efficacité des prélèvements ». À l’inverse, pour les associations de protection animales, réunies au sein du collectif Cap Loup, ces tirs supplémentaires risquent de porter un coup fatal à Canis lupus. Elles jugent que « sur une population estimée à moins de 300, ce nombre de 40 abattages met en péril la conservation de l’espèce en France ». Rien de moins…

E. C.

(1) Réalisées par le Muséum national d’histoire naturelle et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage.