Les termes utilisés par l’AAMF (1) sont forts, mais assumés. Parmi les récentes annonces gouvernementales, aucune ne va dans le sens des agriculteurs. L’association demande « du respect et du bon sens », regrette la surdité à ses revendications et dénonce des mesures injustes, qui vont lourdement pénaliser l’essor de projets « à taille humaine ».

Ainsi, la baisse des tarifs sera encore plus marquée que prévu, notamment pour les installations de taille moyenne. En janvier, à l’annonce de la chute des prix, un pas avait été fait en direction des producteurs avec la proposition de l’annualisation du volume maximal (Cmax). Le gouvernement fait machine arrière sur la mesure qui permettrait une production plus en phase avec la demande énergétique.

L’aide pénalisée

La « pénalité Ademe » fait son apparition : un projet qui a besoin de subvention verra une baisse de son tarif de 5 euros par MWh. L’augmentation de puissance sera, quant à elle, limitée à 30 % dans les deux ans qui suivent le contrat. L’AAMF pointe l’effet nocif de cette mesure, qui pousserait le surdimensionnement de projets avant qu’ils ne soient maîtrisés financièrement et techniquement. Les risques d’accidents et de nuisances s’en trouveraient augmentés.

Gildas Baron

(1) Association des agriculteurs méthaniseurs de France.