Deux mille dix-sept était une année de convalescence pour la filière laitière, après deux ans de crise. Espérons que 2018 sera celle de la guérison, et non de la rechute. Si certains signaux sont au vert, d’autres virent à l’orange. Damien Lacombe, nouveau président de Coop de France Métiers du lait, les a passés en revue le 1er février. Tout d’abord, « il y a une vraie dynamique de production dans l’UE, après des années 2016 et 2017 en demi-teinte », a-t-il souligné. La collecte est en hausse de plus de 5 % depuis novembre, voire 8 % dans certains pays.

Prise de conscience

Va-t-on vers une nouvelle crise de surproduction ? Pour Damien Lacombe, pas forcément. Il note « une prise de conscience forte de la part de certains acteurs européens » sur la nécessité de « se responsabiliser sur la maîtrise des volumes ». Mais reste aussi en suspens le devenir des 380 000 t de poudre de lait stockées par l’UE, qui plombent le marché. « C’est LE sujet à traiter pour anticiper 2018, qui sera une année charnière », concède Damien Lacombe, qui évoque aussi la tension sur le beurre et « la stabilisation du prix du lait à la production, après une hausse tout au long de 2017 ».

Autre sujet à prendre à bras-le-corps, la défiance persistante des éleveurs vis-à-vis de leurs collecteurs. C’est la raison qui a poussé la Confédération paysanne du Finistère à réactiver une plainte pour « extorsion » contre six laiteries (Lactalis, Sodiaal, Even, Triskalia, la Sill et la Clal), qu’elle avait déposée en novembre 2016 lors d’une journée nationale d’action.

E. C.