C’est la douche froide. L’actionnaire majoritaire de Doux, la coopérative Terrena, s’apprête à jeter l’éponge. Il n’est plus « soutenable » pour elle d’encaisser les pertes du volailler, qui s’élevaient à près de 36 millions d’euros en 2016 et 2017. Après une bonne année 2015 a commencé la descente aux enfers. Deux épizooties de grippe aviaire, la guerre au Yémen (l’un de ses débouchés principaux) et, surtout, un concurrent brésilien beaucoup plus agressif sur le marché moyen-oriental (80 % des débouchés de Doux) ont sapé les efforts de relance entrepris par Terrena.

Repreneur ukrainien

La coopérative, suivie par le deuxième actionnaire, le groupe saoudien Almunajem, recherche donc un partenaire financier. Et d’acheteur, il y en a peut-être un. Le groupe ukrainien MHP (1) « a décidé de continuer les discussions », confirme Terrena. Sous quelle forme ? « Tout est envisagé », ouverture du capital ou cession totale de Doux.

Selon l’AFP (2), MHP prévoit un plan d’investissement de 150 M€, pour lequel il demande 70 M€ de subventions publiques. L’offre ne comprendrait pas le site de Chantonnay, en Vendée, et le siège de Châteaulin, dans le Finistère, en sursis. Selon les syndicats de salariés, il est sûr qu’« il y aura de la casse » pour une partie des 1 200 employés. Mais en l’absence de reprise, c’est la liquidation. Les 270 éleveurs bretons et vendéens sous contrat avec Doux devraient être repris dans l’offre.

E.C. avec AFP

(1) Le volailler ukrainien PJSC MHP (dont la holding de tête MHP SE est enregistrée au Luxembourg et cotée à la Bourse de Londres) a produit 566 600 tonnes de poulet en 2015, dont près du quart pour l’export.

(2) Agence France Presse.