Un robot pour transporter des charges sans effort
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  • L’exosquelette Hercule, présenté au Sima, est un squelette externe conçu pour limiter l’effort lors de la manutention de charges.

  • L’homme s’y glisse, comme dans un pantalon.

  • « Plus besoin de tracteur pour les petits trajets, l’agriculteur peut porter la charge sur son exosquelette », explique le CEA List.

  • Le mouvement initié par l’homme est démultiplié par le squelette externe.

  • Afin de montrer que le mouvement se fait sans efforts, le CEA List propose de tester le système avec un bras robotisé. Celui-ci soutient la main de l’homme et le poids qu’elle porte. Grâce à la compensation de poids, le geste est simplifié.

  • Pour adapter le robot Hercule à l’agriculture, des travaux sont en cours sur la position des pieds. Car les chemins empruntés sont souvent difficiles.

  • Selon Laura Gomez, ingénieur en mécatronique au CEA List, il faudra encore patienter, peut-être six ans, avant que l’exosquelette n’arrive dans les exploitations agricoles.

Parce que les agriculteurs sont régulièrement victimes de maux liés au port de charges lourdes, l’institut technologique du Commissariat à l’énergie atomique (CEA List) proposait au Sima une solution qui pourrait réduire la pénibilité du travail : un exosquelette d’assistance à l’effort. Qu’est-ce que c’est ? Un squelette externe capable d’amplifier les efforts. L’homme s’y glisse comme dans un pantalon, pour que l’outil l’aide dans ses mouvements les plus difficiles.

Ce type de robot est apparu pour soulager les personnes handicapées, ainsi que dans l’armée pour équiper les soldats portant des charges lourdes. Le concept se développe aujourd’hui dans l’industrie, et s’étend au monde agricole. Sur le stand du CEA List trônait le modèle Hercule. « C’est un prototype, mais il prouve que la robotisation est capable d’apporter des solutions d’assistance à la personne, précise Laura Gomez, ingénieur mécatronique à CEA List. Des travaux sont en cours sur la position des pieds, notamment, étant donné que l’agriculteur ne se déplace pas sur un terrain lisse et sans embûche. » Selon Laura Gomez, il faudra encore patienter, peut-être six ans, avant que l’exosquelette n’arrive dans les exploitations.

Un train d’avance pour l’industrie

Le système de compensation des charges pourrait en revanche équiper plus vite l’industrie. « Les industriels ont parfois besoin d’automatiser un travail, mais la complexité de la tâche fait que c’est impossible, explique Laura Gomez. C’est là qu’intervient la performance robotique. » C’est une demande récurrente des abattoirs, notamment. « Chaque morceau manipulé par les salariés est différent, en poids, comme en forme et en taille, rappelle Laura Gomez. C’est donc trop complexe à automatiser. Mais la compensation de charge pourrait se généraliser dans ces ateliers. Les premiers projets arrivent à terme cette année. »

Hélène ChaligneJournaliste web