Désherb’Avenir, un salon pour une alternative au « tout chimique »
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  • Plus d’une dizaine de constructeurs avaient fait le déplacement pour présenter leur solution de désherbage. Cependant, les parcelles étant petites, combinées à des betteraves semées au GPS et l’absence d’adventices, la démonstration ne permettait pas de voir des différences significatives entre les machines.

  • Chaque constructeur disposait de 5 minutes pour présenter sa machine. Avec le beau temps du premier jour, les visiteurs étaient au rendez-vous.

  • L’ITB a mis en place, sur les lieux de Désherb’Avenir, une expérimentation permettant de comparer les efficacités de différents types de matériels et de différentes stratégies de désherbage mécanique. Huit modalités de désherbage sont testées afin de comparer la modalité « tout chimique » (trois traitements en plein) aux modalités « chimiques + mécanique ». Plusieurs matériels sont testés (bineuse, herse étrille, rotoétrille, bineuse à moulinets et houe rotative). Sur certaines modalités, des traitements chimiques localisés remplacent les traitements en plein.

  • Une place était accordée pour le « désherbage de demain » avec la présence du robot de la société EcoRobotix.

  • Parmi les différents constructeurs présents, la société Novaxi importe pour la France la marque anglaise Garford. Elle est spécialisée dans le désherbage mécanique avec des machines pour les grandes cultures mais également pour le maraîchage.

  • Le constructeur vendéen Carré présentait sa bineuse Econet SGI. Celle-ci était équipée de moulinets pour travailler au plus près du rang.

  • Monosem présentait la Multi Crop. Son guidage était réalisé par un coutre circulaire, via une trace laissée par le semoir.

  • La firme Agronomic, basée dans l’Aisne, avait équipé sa bineuse avec des planches de protection pour éviter la projection de terre sur le rang et pour protéger les betteraves.

  • Le tchèque Bednar proposait deux machines en action. La gamme Row Master comprend le modèle S spécialisé pour les betteraves.

  • Le second modèle est une Row Master RN 6400. Le dégagement sous bâti est de 80 cm, ce qui lui offre plus de polyvalence que les modèles S.

  • Steketee est importé en France par la société Stecomat. Le constructeur néerlandais avait équipé sa machine d’une gestion hydraulique de chaque rang. C’est-à-dire que via un GPS, chaque rang peut de se relever indépendamment pour les parcelles en pointes notamment.

  • En plus des bineuses, d’autres outils de désherbage mécanique étaient présents. Einböck présentait une herse-étrille rotative. Les disques sont composés de doigts comme une herse-étrille, mais l’axe de rotation du disque est oblique.

  • La société Stecomat importe également la marque allemande Treffler. Celle-ci propose la herse-étrille TS. La pression appliquée par doigt varie hydrauliquement de 200 g à 5 kg. Des roues de jauge assurent le suivi du sol.

  • À l’œuvre également dans des féveroles plus « sales », la technique a montré ses limites face à des adventices trop développées.

  • En plus du désherbage mécanique, deux constructeurs proposaient des rampes de traitement localisé. Le but est de traiter uniquement sur le rang. Le champenois Sopema exposait son modèle RATL 36 qui se positionne devant le tracteur. Il est capable de pulvériser sur 36 rangs par passage. La cuve de bouillie est à l’arrière du tracteur.

  • Le constructeur Marechal présentait également une rampe de pulvérisation localisée. Celle-ci est à l’arrière du tracteur et la cuve de bouillie est à l’avant. Comme la rampe Sopema, elle couvre 36 rangs, divisés en 3 parties de 12 rangs.

  • Pour les bineuses, notons que la plupart des constructeurs exposaient ou du moins proposent une solution de guidage par caméra comme ici chez Agronomic. La caméra prend en compte les plantes mais également les rangs (selon les modèles et le réglage le nombre de rangs pris en compte peut varier), elle gère ensuite toute seule le guidage de la bineuse.

L’événement organisé par l’ITB (Institut technique de la betterave) proposait trois demi-journées de démonstration. Elles se composaient d’une conférence, d’une visite de parcelles de tests, avec différents itinéraires réalisés pour le désherbage, et la démonstration de plus d’une dizaine de machines. Les visiteurs ont pu découvrir des machines destinées au désherbage mécanique (bineuses, herses étrilles…) ou à la réduction du volume lors du désherbage chimique (rampes de traitement localisé).

L’idée du salon est de démontrer qu’une alternative au « tout chimique » est possible. Cependant, les organisateurs sont les premiers à rappeler que de nombreux facteurs comme la météo entrent en compte pour la réussite du désherbage mécanique. Cette année, le choix de l’emplacement du salon n’était pas anodin puisque le site était sur l’aire d’alimentation du captage de la fosse de Melun : une zone à fort enjeu « qualité de l’eau ».

Adèle Magnard et Pierre Peeters