L’astreinte des 120 limousines entièrement robotisée
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  • « Nous avons gagné 20 heures de travail par semaine », indique Jean-Luc Bérard (à droite), en compagnie de Thierry Jouannic et Anne-Lise Vacher, tous deux de chez Lely. Ce robot constitue l’achat le plus révolutionnaire de l’exploitation. Plus d’une cinquantaine d’exemplaires fonctionnent dans des exploitations laitières, mais c’est le premier dans un élevage allaitant.

  • L’automate s’active 24 heures sur 24 devant les auges des différentes catégories de bovins pour apporter et repousser les rations. Dès que le capteur laser de l’outil détecte une hauteur d’aliment insuffisante devant les cornadis, le robot retourne à la « cuisine » pour faire le plein et approvisionner à nouveau les animaux.

  • Le robot suit les repères sur le sol. Une pente douce a dû être aménagée pour que l’engin puisse accéder au bâtiment des vaches suitées et des génisses. « Le Vector ne peut pas emprunter des pentes de plus de 5 %, souligne Thierry Jouannic de la société Lely. L’outil circule quelles que soient les conditions climatiques. S’il neige, il abaisse sa “jupe” et une brosse nettoie le circuit. »

  • L’automate dans la cuisine attend que le grappin remplisse son bol avec les ingrédients programmés. Ses batteries se rechargent aussi en énergie. « Le coût de l’électricité est d’environ 2 € par jour pour l’ensemble du troupeau », indique Thierry Jouannic.

  • Le stockage de la cuisine est quadrillé. Le grappin dispose ainsi de repères pour prélever les ingrédients nécessaires aux rations. L’approvisionnement de la cuisine en fourrages a lieu deux fois par semaine. Il demande 3 heures de travail à chaque fois. En dehors de ce temps de rechargement, cet espace est inaccessible aux opérateurs. La porte et le bardage se verrouillent automatiquement pour éviter tout risque d’accident.

  • Les concentrés (céréales et correcteur protéique) et la mélasse sont stockés à l’extérieur de la cuisine. L’approvisionnement du bol s’effectue automatiquement grâce à des vis.

  • L’automate prépare sept rations différentes suivant les catégories d’animaux. « Je peux les ajuster à tout moment, explique Jean-Luc. Je tiens compte des analyses de fourrages, comme avant, pour coller au mieux aux besoins des animaux, sachant qu’il m’a permis d’incorporer plus facilement les mauvais foins. »

  • Le robot d’alimentation fonctionne depuis le mois de novembre. Jean-Luc n’a pas réalisé de pesées des jeunes bovins en engraissement car il réaménage un nouvel espace de contention à l’intérieur des bâtiments. Il n’a donc pas encore de résultats de leurs performances. Il a cependant observé que ses vaches étaient davantage en état que l’an dernier et il pense réduire la valeur énergétique des rations distribuées avant la mise à l’herbe.

  • Depuis deux ans, Jean-Luc a installé des racleurs devant les aires paillées pour réduire l’astreinte du curage. L’ensemble des bâtiments sont aujourd’hui équipés.

  • La détection des chaleurs s’effectue grâce à des colliers depuis cette année. Les exploitants sont satisfaits car les premiers résultats de fertilité sont conformes à ceux des années passées.

  • Les vaches sont équipées de détecteur de vêlages posés sur la queue. Cela évite aux époux de se lever la nuit. La présence de ces outils ne les empêche pas de passer du temps avec leurs animaux. « Mais les relations avec le troupeau sont différentes, expliquent-ils. Nous avons gagné en confort de travail. »

  • Le coût de l’ensemble des aménagements autour du robot d’alimentation est d’environ 200 000 €, dont 161 000 € pour le Vector, 10 400 € pour l’aménagement des bétons, 29 000 € pour la cuisine. Les nouveaux silos couloirs ont coûté 35 800 € en plus.

La cuisine est aménagée dans un bâtiment neuf situé entre les deux bâtiments. « La surface à prévoir est de 0,5 m² par UGB », précise Thierry Jouannic, de chez Lely.

M.-F. Malterre