La Confédération paysanne occupe depuis 21 jours la Maison du lait à Paris, siège de l'interprofession laitière, afin de revendiquer la pluralité syndicale, un « élément essentiel de la démocratie », selon les propos de son porte-parole, Phillippe Collin. « C'est comme si les derniers débats sur la loi de modernisation agricole (LMA) s'étaient déroulés en présence des seuls députés de la majorité », relève-t-il. « Cela aurait sans doute été plus rapide », ironise-t-il. « Mais est-ce que la démocratie, c'est cela ? », demande le porte-praole du syndicat. « La Confédération paysanne est un syndicat reconnu aujourd'hui, mais qui n'est pas reconnu dans les interprofessions », déplore Ph. Collin. Il accuse le ministre Bruno Le Maire d'avoir « allumé un incendie » avec ses déclarations à la tribune du Sénat lors de l'examen de la LMA, lorsqu'il a dit souhaiter la pluralité syndicale dans les interprofessions. « Il l'a trouvée tellement souhaitable qu'il n'a pas cru bon de la mettre dans la loi », persifle Philippe Collin. Les cotisations volontaires obligatoires (CVO), « rendues obligatoires par décision du ministre, aujourd'hui nous les contestons, aussi longtemps que leur utilisation ne sera pas démocratique, c'est-à-dire la transparence, les comptes-rendus et la nécessité que tous les représentants légaux – dont la Confédération fait partie – ne seront pas représentés. On s'est donc sentis autorisés à venir ici réclamer cette pluralité syndicale, puisque le ministère – qui actuellement fait la sourde oreille – nous avait dit que c'est une bonne idée », a précisé M. Collin. Pour le syndicat, cette interprofession est actuellement « plus au service des transformateurs qu'à celui des paysans ».

par Arielle Delest et Bruno Vitasse