Démonstration de binage à la ferme
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  • Mathieu, Didier et Jean-Paul ne binent pas encore, mais, engagés dans une démarche de réduction des traitements herbicides, ils souhaitent investir dans une bineuse pour désherber mécaniquement leur maïs. Dans le cadre du groupe Dephy « Plaine de l’Ain » et en partenariat avec la chambre d’agriculture, ils ont convié ce 23 mai 2017 quatre marques chez eux : Carré, Garford, Kongskilde et Monosem.

  • En début de journée, Mathieu Fournier a tenu à expliquer sa démarche, convaincu qu’« il faut passer un cap pour désherber mécaniquement ». Sa ferme fait partie des 15 exploitations du groupe Dephy. Celui-ci se donne pour objectif d’identifier les systèmes de cultures économes en intrants. Il met pour cela en place des visites de fermes sur les thèmes de diminutions de doses, des couverts, des bas volumes ou encore des choix de buses. En 5 ans, l’IFT herbicides du groupe a chuté de 19 %, passant de 3 à 2,5.

  • Chaque concessionnaire ou constructeur a d’abord décrit son outil sous un hangar. Carré s’est déplacé avec sa bineuse à 6 rangs SGI Econet. Son « système de guidage intégré » consiste en la palpation des pieds de maïs sur un rang. Ce repérage permet à l’outil de translater automatiquement sur la largeur. Pour que ce système puisse fonctionner, il faut que le maïs soit à un stade suffisamment développé, c’est-à-dire à un stade minimal de 6-8 feuilles.

  • Garford est venu avec sa bineuse Robocrop à 8 rangs à 0,75 m d’écartement interrang. La bineuse est guidée par caméra de détection de rangs. Les images obtenues sont comparées à un modèle. 25 programmes sont disponibles. L’outil peut se déplacer latéralement par hydraulique sur une largeur de –15 à + 15 cm.

  • Kongskilde était représenté par un modèle tourné vers le binage des betteraves. Il sera donc privé de démonstration aux champs. Si le modèle amené est en 12 rangs, la gamme peut en offrir 8 à 12 avec un écartement de 0,75 m. Une caméra à double optique est montée sur la bineuse. Elle identifie le rang par sa colorimétrie pour assurer le guidage sur le rang.

  • Du côté de Monosem, c’est une bineuse à 6 rangs repliable de la gamme Multicrop qui était présente. Petite sœur de la SCD, l’outil est prédisposé à recevoir un vérin correcteur hydraulique pour s’adapter à un éventuel guidage par disque de traçage lié à une roue suiveuse et à des détecteurs (non présent ici). Chaque élément de la bineuse comporte 5 dents avec des socs de 150 et des disques protège plants. Le réglage de hauteur de chaque élément se fait par paliers de 7,5 mm. Celui des protège-plants est progressif. La Multicrop dispose d’une roue de terrage large et de grand diamètre.

  • Seule chance de Kongskilde pour convaincre avant que les 3 autres outils partent aux champs, la marque a réalisé une démonstration de son guidage en statique. Elle utilise pour cela des tubes faisant office de rangs de végétation. Déplacés vers la droite ou la gauche, la caméra capte les différentes positions des barres vertes et l’outil translate automatiquement vers la droite ou vers la gauche. Il n’a pas été possible de vérifier l’efficacité de ce guidage en conditions réelles d’utilisation.

  • L’heure de la démonstration aux champs sonne. La bineuse Monosem ouvre le bal sur l’une des parcelles de maïs de la ferme Fournier. Le guidage de la Multicrop s’effectue à l’aide d’un coutre stabilisateur situé à l’avant de l’outil. Ce coutre dispose d’un ressort de pression à réglage par manivelle. Sans caméra ni autre dispositif de guidage automatique, la bineuse effectue un travail correct, mais à vitesse lente, et en remuant un peu trop de terre.

  • Chez Carré, les deux palpeurs métalliques du modèle SGI prennent le relai de la caméra quand la culture est trop développée.

  • Le modèle SGI n’arrive pas à convaincre, notamment à cause du guidage et du tracteur. En effet, le maïs est encore à un stade trop jeune pour que les tiges des palpeurs puissent être efficaces. D’autre part, la monte est trop large sur le John Deere. Le binage s’en trouve réduit à un travail aléatoire et peu efficace.

  • Le seul modèle à guidage et translation automatique d’outil opérationnel était celui de Garford. Il était en outre le seul à montrer l’utilisation d’un capteur par caméra en conditions réelles. Ce système Robocrop identifie par caméra les rangs sur une zone d’environ 1,5 m². Une console en cabine permet de visualiser les rangs détectés en temps réel, et de commander les paramètres du guidage.

  • La palme du jour revient à Garford, à l’unanimité de la quarantaine d’exploitants qui ont fait le déplacement. Le travail de binage est très correct. Il est aussi effectué légèrement plus en surface et à vitesse plus élevée.

  • Mathieu Fournier, second sur la gauche au premier plan, est satisfait de cette journée de démonstrations. « Nous avons réussi à mettre des marques ensemble. Tout le monde a pu se faire son idée sur ces bineuses. »

Vincent Gobert