En arrivant par la route, la ferme de Scay ressemble à une exploitation de polyculture-élevage classique. Pourtant, lorsqu’Hélène Freger, l’exploitante, sort la photo aérienne du site, le doute n’est plus possible. La ferme de Scay produit bien du poisson. Dans les bassins derrière le bâtiment des vaches laitières grandissent des carpes Koï et des poissons d’ornement pour les particuliers et des vifs pour les pécheurs.

Des activités interdépendantes

« L’objectif est d’abord de produire nos cultures alimentaires, et de valoriser tout ce que la ferme est capable de produire. Donc, on nourrit les vaches et les poissons », décrit Hélène Freger. Si les fumiers sont destinés à la fertilisation des cultures, le lisier est, lui, conservé pour les poissons. Il est « récupéré dans une fosse, et selon les besoins de production de la pisciculture, je les envoie dans la grande réserve où ils sont dilués pour être retraités dans les bassins de productions. »

L’azote du lisier nourrit le phytoplancton, qui est à son tour consommé par le zooplancton. Ce dernier sert alors d’aliment de base aux poissons. « Ce qui n’est pas consommé par la partie aquacole sert à l’irrigation des cultures », précise Hélène Freger.

Un atelier qui se réduit

En termes économiques, la pisciculture représente 20 % du chiffre d’affaires de l’exploitation. « J’ai réduit d’un tiers cet atelier, la problématique de la production en étang nous pose des problèmes par rapport aux cormorans », se désole Hélène Freger. Le temps de travail varie lui selon les périodes. « Aujourd’hui, j’y passe une heure par jour en moyenne ». Elle évoque des écarts entre les jours où il faut juste nourrir le poisson, ceux où il faut ouvrir et fermer des vannes, mais aussi lorsqu’il faut pêcher les poissons.

Tanguy DhelinJournaliste Web