Pierre Blanc commercialise ses poulets depuis près de trente ans. « J’ai commencé avec cinq ou six poulets par semaine, aujourd’hui j’en suis à 200. » Installé comme producteur de semences de maïs il y a 40 ans, Pierre s’est rapidement lancé dans l’élevage pour valoriser les lignées mâles. Mais aujourd’hui, la volaille représente plus de la moitié de son revenu.
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Pierre Blanc commercialise ses poulets depuis près de trente ans. « J’ai commencé avec cinq ou six poulets par semaine, aujourd’hui j’en suis à 200. » Installé comme producteur de semences de maïs il y a 40 ans, Pierre s’est rapidement lancé dans l’élevage pour valoriser les lignées mâles. Mais aujourd’hui, la volaille représente plus de la moitié de son revenu.

C’est une initiative du canton qui a permis à Pierre de développer ses ventes. « À huit collègues et amis, on a monté un magasin, les saveurs du Carretou. » Signe du succès de ce projet, vingt-trois ans plus tard, les Saveurs du Carretou sont sur le point d’ouvrir leur quatrième magasin, et rassemblent près de 40 producteurs.

Un modèle économe

Le développement s’est fait sans aucun emprunt bancaire. « Pour le deuxième magasin, par exemple, on a simplement décalé nos paiements d’un mois », raconte Pierre. Si les investissements sont payés par la trésorerie, les charges, quant à elles, sont payées par une commission prélevée sur chaque vente. « Le Carretou prend 20 % sur chaque vente », détaille Pierre.

Cette commission n’empêche pas le circuit de commercialisation de rester très intéressant. Par rapport à des ventes réalisées chez les commerçants de la région, Pierre gagne ainsi 2 € supplémentaires sur chaque poulet vendu, pour un gain atteignant près de 1 600 € par mois. « Ça me permet de vivre de mon exploitation d’une cinquantaine d’hectares. »

2018, l’année du succès commercial

La recette du succès du Carretou ? Un modèle souple, grâce à l’organisation en groupement d’intérêt économique (GIE), piloté par un conseil d’administration composé d’exploitants. « Le conseil examine les demandes, précise Jean-Luc Pechverty, président du GIE, et peut demander aux agriculteurs de revoir leurs prix s’il les juge trop haut. » Un règlement intérieur permet par ailleurs de fixer quelques règles élémentaires, comme la fourniture régulière de l’ensemble des magasins, quelle que soit la distance entre les exploitations et les différents sites.

L’année 2018 s’est avérée particulièrement réussie pour les exploitants du Carretou. « On a vu notre chiffre d’affaires progresser de plus de 20 % », se réjouit Jean-Luc Pechverty. Produits frais et de qualité, marges transparentes, lien avec les exploitants : le Carretou a tous les atouts pour profiter de la vague du bien manger. « Il faut deux choses pour réussir, confie Pierre Blanc. Un bon parking devant le magasin, mais surtout, une très bonne entente entre les producteurs. C’est presque ça, le plus important. »

Ivan Logvenoff