Jack de Lozzo et Nicolas Meliet, tous les deux agriculteurs bio dans le Gers, ont fait le choix de l'agroforesterie. Ce système favorise la biodiversité des sols et empêche leur érosion, ce qui est appréciable dans une région vallonnée au sol argilo-calcaire.

Jack de Lozzo cultive 84 ha sur la commune de Noilhan en polyculture-élevage. Il a mis en place deux systèmes agroforestiers s'appuyant sur des techniques simplifiées (couvert végétal, semis direct et associé) avec l'aide de l'entreprise "Arbre et Paysage 32" : un système classique, et un autre « téta » ou « trogne » pour une production de bois de chauffage ou de BRF (1) à moyen terme. Nicolas Meliet, lui, est associé avec d'autres agriculteurs dans une EARL. Ils cultivent 600 ha en propre et 600 autres hectares en prestation sur d'autres exploitations, avec un rythme de passage en agroforesterie de 20 ha par an depuis trois ans.

« L'objectif premier de l'agroforesterie, c'est de restaurer les auxiliaires et la protection des sols » contre l'érosion, en tenant compte des particularités de l'exploitation, pour arriver à générer une rentabilité du système avec en particulier la production de bois d'oeuvre, explique Alain Canet. Le directeur d"Arbre et Paysage 32" est aussi président de l'Association française d'agroforesterie. « Ramené à l'hectare, on va produire beaucoup plus de biens et de services » comparé à la même parcelle argilo-calcaire non arrosée dans un système conventionnel, assure ce consultant. « C'est pas encore bien vu de dire qu'on peut protéger la nature et en maintenant une biodiversité incroyable tout en étant productif », constate A. Canet.

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(1) Bois raméal fragmenté : le BRF est utilisé notamment en maraîchage, horticulture et jardins pour le paillage des cultures.