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Jeunes Agriculteurs veut réinventer la Pac

HD / LD

Cibler les hommes et pas les hectares : JA entend relustrer la Pac, en mobilisant les aides pour les actifs agricoles « et plus pour ces monarques ou industriels qui ne font que posséder la terre », a indiqué le 4 janvier, son président, Jérémy Decerle, à Paris.

« On ne veut pas passer pour les naïfs du village mondial. » Quand Jérémy Decerle, président de Jeunes Agriculteurs, plébiscite « une agriculture familiale » au niveau européen, il parle d’un modèle « qui met le chef d’exploitation à la tête de l’exploitation », a-t-il expliqué le 4 janvier 2017, lors de la présentation des vœux du syndicat à la presse.

Et de répéter son slogan de l’été paru dans une tribune : « On veut des fermes et pas des firmes », qui avait pour objectif de non seulement réaffirmer la position de la centrale, mais aussi, a-t-il avoué, de « chatouiller » le grand frère de la FNSEA. « Même si tout va bien entre nous, nous menons des réflexions en commun, mais il est aussi important sur d’autres sujets de faire peser nos convictions quand nous ne sommes pas d’accord. »

Quatre critères : production, revenu, travail et formation

Et parmi les points qui rapprochent : l’actif agricole. JA milite en faveur de la création du registre des actifs agricoles comme prévu dans la loi d’avenir pour l’agriculture, mais dont le décret d’application manque toujours à l’appel, deux ans après la promulgation du texte de loi. « Nous voulons établir une définition fondée sur l’acte de production, les critères de revenu, le temps de travail ainsi que la formation, afin de cibler les aides sur les actifs », a expliqué Baptiste Gatouillat, vice-président de Jeunes Agriculteurs.

C’est à l’Union européenne de mettre en place, selon lui, « un cadre permettant à chaque État membre d’établir sa propre définition ». Le syndicat dément en revanche toute volonté d’exclusion, mais réaffirme son vœu d’« une meilleure considération des hommes et des femmes qui travaillent la terre », a-t-il répété.

Une Pac sécurisante, axée sur les jeunes et les filières

Autre cheval de bataille pour l’année en cours : la Pac post-2020 devra redonner une vision commune aux agriculteurs « qui peinent aujourd’hui – de retard de paiement en retard de paiement – à s’en rappeler le but ». Elle devra aussi être tournée vers les jeunes, agir sur les marchés et maîtriser la volatilité des prix. « Nous souhaitons un abandon progressif des aides découplées au profit d’outils plus efficaces, assuranciels ou contracycliques, associant des mécanismes privés et publics. »

Le rapport d’orientation de JA, présenté en juin lors de son congrès annuel, se concentrera d’ailleurs cette année sur la gestion des risques en agriculture, « et concernera l’ensemble des aléas ». La Pac post-2020 devra par ailleurs instaurer des stratégies territoriales de filières et donner au verdissement « un cadre encourageant et plus pénalisant, a commenté Baptiste Gatouillat. Le défi climatique ne pourra être relevé sans les agriculteurs ».

L’étiquetage : un bilan le 1er avril

Outre la Pac, JA est revenu sur son actualité, avec tout d’abord cette victoire : le décret sur l’étiquetage de l’origine des viandes et du lait « sur lequel on s’est beaucoup battu », a rappelé le secrétaire général Samuel Vandaele. Un regret cependant : le délai de trois mois accordé aux industriels pour s’y conformer. « Nous poursuivrons nos actions de vérification jusqu’au 1er avril, jour où l’on prévoit de lancer un mouvement national pour contrôler que la mesure est bien en place. Le ministre a déjà été prévenu », a-t-il expliqué.

Concernant le foncier, JA soutient la proposition de loi du député socialiste Dominique Potier, qui sera examinée le 18 janvier 2017 à l’Assemblée nationale.

Un partenariat avec Coop de France

Le syndicat a par ailleurs annoncé avoir signé un partenariat avec Coop de France « pour mettre en place des groupes de travail régionaux pour renouer le dialogue et réfléchir à une nouvelle coopération ».

Une surprise à la veille du Sia

L’ensemble de ces idées ont été réunies dans un manifeste qui sera distribué à chaque candidat à la présidentielle, notamment lors du Salon de l’agriculture. Un événement très attendu par ailleurs par le syndicat, a précisé en souriant Jérémy Decerle, car « la veille, nous prévoyons une surprise d’ampleur, une grande action de communication sur le métier ».

Plan de consolidation : « les banques ne jouent pas le jeu »

« Aujourd’hui, nous avons des problèmes avec certaines banques qui ne veulent pas jouer le jeu et aussi, avec la Banque publique d’investissement (BPI), chargée du cautionnement, qui retoque 9 dossiers sur 10… Ça n’est pas du tout satisfaisant », a indiqué Samuel Vandaele.

Et les refus de la BPI seraient liés aux banques, à nouveau qui « se montrent frileuses à l’idée de monter des dossiers pour la BPI ».

JA réfléchit à un autre système et retient parmi ses solutions, le recours à la Siagi, une société de cautionnement mutuel pour les petites entreprises, « un dispositif qui fonctionne bien aujourd’hui », a poursuivi le secrétaire général.

Rosanne Aries
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