« La Nec est un indicateur difficile à définir. Deux personnes peuvent avoir une approche complètement différente pour le même animal », affirme David Saunier, ingénieur en recherche et développement à France Conseil Élevage (FCEL). Afin d’objectiver l’attribution de la Nec, FCEL a développé, en partenariat avec la société suisse Ingenera, un outil baptisé « Bodymat M », capable de déterminer en un clic la Nec d’une vache laitière grâce à un capteur trois dimensions (3D).

60 vaches en 25 minutes

Il suffit de placer l’outil présenté sous la forme d’une perche au-dessus de la vache, de viser le milieu des hanches à l’aide d’un laser et de cliquer. En quelques secondes, la Nec s’affiche sur le clavier de la perche. « Cette nouvelle technologie permettra de renforcer l’offre de conseil, précise Thierry Hulmer, président de Littoral Normand. La Nec est l’un des principaux indicateurs de santé, qui fait le lien entre alimentation et reproduction tout au long de la lactation. » Dans des conditions optimales, FCEL estime pouvoir noter environ 60 vaches en 25 minutes.

Deux autres versions en développement

Lors d’une démonstration dans une exploitation laitière à Treffendel (Ille-et-Vilaine) le 11 septembre dernier, deux autres versions de l’outil ont été présentées :

  • Bodymat V : Monté sur un smartphone, l’outil permet de modéliser en trois dimensions l’animal sur l’écran du téléphone (voir ci-dessous). « Grâce à cette image, en plus de la Nec, nous pouvons obtenir une estimation du poids de l’animal », commente Andrea Biondi, à la tête de la société Ingenera.

Le dos d’une vache laitière, modélisé en trois dimensions sur l’écran d’un smartphone avec Bodymat V. © V.Guyot/GFA
  • Bodymat X : Il s’agit d’une installation fixe, comptant au minimum trois capteurs 3D placés dans un couloir de passage des animaux. Outre la Nec et l’estimation du poids, cette version permet d’analyser la locomotion d’un animal.

« Pour l’heure, avec cette technologie, nous mesurons uniquement la Nec en race prim’holstein, précise David Saunier. Des algorithmes pour l’attribution de la Nec en races normande et montbéliarde sont en développement. À terme, nous pourrions étendre l’utilisation de cette technologie au pointage des bovins au sevrage pour les races allaitantes, au suivi de croissance des génisses laitières, ou à l’estimation du poids des veaux à la naissance. »

Vincent Guyot