Ne pas mettre un pied dans la parcelle, tel était l’objectif d’une équipe de chercheurs en machinisme agricole de l’université britannique Harper Adams, la référence en enseignement agricole outre Manche. Le projet « Hands Free Hectare », comprendre « Des hectares sans les mains », vise à tester la conduite d’une culture sans intervention humaine dans la parcelle. L’enjeu de la robotisation est stratégique pour l’agriculture britannique, qui anticipe une baisse très importante de la main-d’œuvre disponible avec la mise en place du Brexit.

Des petits robots

Pour Clive Baker, à la tête du projet, « l’objectif est de trouver une alternative à l’augmentation croissante du gabarit des machines agricoles. Toujours plus puissantes, plus larges mais aussi plus lourdes, elles endommagent le sol et plombent les trésoreries. Nos unités robotisées légères offrent plus de précision dans les traitements et préservent davantage la structure du sol. » Les machines de « Hands Free Hectare » ne sont pas radiocommandées mais totalement autonomes. La sécurité est assurée par des lasers qui balayent l’avant et les côtés des tracteurs.

Une première mondiale

La parcelle de test a été semée avec de l’orge de printemps en mars dernier. Des robots ont assuré les semis, la fertilisation et les traitements. Pour la récolte, qui sera la première moisson robotisée au monde, les ingénieurs ont opté pour une base de moiss-batt d’expérimentation. Conçue pour récolter sur les parcelles d’essai, elle est dotée d’une petite coupe (1,5 m dans ce cas) et équipée de chenilles, ce qui permet de tourner sur place et donc de limiter les fourrières. Les résultats sont attendus au début d’août.

Corinne Le Gall