Les abeilles peuvent compter sur un renfort plutôt inattendu : des chercheurs japonais ont créé un minidrone équipé d’un gel spécial qui lui permet de polliniser des fleurs. L’objectif est de féconder les cultures, les insectes étant menacés par la pollution et par les produits phytosanitaires.

Ce petit robot pollinisateur télécommandé, muni de quatre hélices, est recouvert de trois millions de poils de cheval enduits d’un gel ionique, c’est-à-dire électriquement chargé, qui capture le pollen sur une fleur avant d’aller le déposer sur les pistils d’une autre. Ces drones peuvent fonctionner 150 minutes grâce à une pile rechargeable.

En remplacement aussi de la pollinisation manuelle

Ce gel a également des effets de camouflage car il change de couleur selon les différentes sources lumineuses. Cette propriété pourrait protéger les minirobots pollinisateurs contre des prédateurs. Une propagation robotisée du pollen a par ailleurs le potentiel de remplacer la pollinisation manuelle, fastidieuse et coûteuse, qui est encore pratiquée pour certaines cultures.

Des recherches non isolées

L’apparition de robots pollinisateurs est devenue possible grâce aux récentes avancées en microfabrication. Les progrès dans la vision artificielle et le recours au GPS ouvrent également la voie à des robots autonomes. Bien que ces travaux soient encore loin d’être mis en application dans les cultures, ils représentent un premier pas pour se préparer à un avenir dans lequel les abeilles pourraient être plus rares. Outre ces scientifiques japonais, plusieurs équipes de recherche travaillent à la mise au point de tels minirobots pollinisateurs à l’université de Harvard ou au sein du groupe Google notamment.

© Université d’Harvard

Lancé en 2009, le projet RoboBees a été élaboré par des scientifiques de l’université de Harvard et des biologistes de la Northeastern University de Boston. Animées par un muscle électronique, ces « abeilles » artificielles de 3 cm de longueur ont des ailes capables de battre 129 fois par seconde et disposent d’un matériau capable de faire fructifier les cultures.

Les mouvements des ailes sont pilotés par un système de contrôle équilibré, qui fait bouger chaque aile indépendamment, en temps réel. Les ingénieurs de Harvard ont trouvé une faille à ce robot : son alimentation en électricité. Ils travaillent désormais sur un système de pile miniature à combustible à oxyde solide. Autre difficulté : réussir à imiter le comportement de navigation des abeilles.

Une autre équipe de scientifiques, anglaise cette fois, tente de retranscrire en langage informatique les mécanismes du « cerveau » d’une abeille pour ensuite les implanter dans un robot. Il s’agit du projet Green Brain. Les premiers résultats des deux projets devaient créer des ponts entre les équipes américaines et anglaises.

Vincent Gobert