Gérer un pâturage tournant lorsque les prairies dépassent 100 hectares est le défi auquel doivent répondre les éleveurs australiens. La mise en place d’une clôture électrique provisoire est quasi impossible et les clôtures classiques avec des barbelés sont souvent fatales à la faune sauvage locale (kangourous et autruches principalement). Le gouvernement australien devenant de plus en plus regardant sur la préservation des espèces autochtones, la firme Agersens a développé une solution de clôture virtuelle.

Éducation par le son

eShepherd, comprendre « le berger électronique », permet aux éleveurs de parquer, déplacer, rassembler et surveiller leur troupeau à distance via une application qui communique avec un collier porté par chaque vache. Sur son appli, l’éleveur détermine la zone de pâturage acceptable. Le logiciel s’occupe ensuite d’envoyer les signaux nécessaires à chaque animal pour influencer son déplacement. Un GPS intégré à chaque collier localise précisément l’animal.

Quand la vache s’approche de la clôture virtuelle, le collier émet un son. Si elle ignore le signal et continue sa progression vers la clôture, le collier délivre une impulsion électrique dont l’intensité et la tension sont nettement inférieures à celles de la décharge d’une clôture électrique classique. Selon Agersens, après deux ou trois décharges, l’animal a compris qu’il devait rebrousser chemin dès le signal sonore et il est considéré comme éduqué.

Le signal sonore ne se déclenche que si l’animal se dirige vers la clôture, pas s’il est immobile à proximité ou du mauvais côté mais en train de se déplacer dans la bonne direction, par exemple quand l’éleveur déplace la clôture virtuelle. Le dispositif eSheperd est également capable de recueillir des informations sur le comportement et la santé de chaque individu.

C. Le Gall