Les équipements récents sont capables de collecter toute une batterie de données grâce à leurs capteurs (pression, température, durée d’utilisation…). Pour le moment, ces données sont surtout exploitées par les concessionnaires et les constructeurs pour évaluer la responsabilité de l’agriculteur lors d’une demande de prise en garantie. Mais un logiciel déjà employé dans l’automobile pourrait apporter une solution pour anticiper réellement les pannes et accélérer le diagnostic en cas d’immobilisation du matériel.

Limiter les heures d’atelier

Ce logiciel, c’est Predii. Créée par l’une des start-ups en vogue de la Silicon Valley, cette plateforme intelligente d’anticipation et d’identification des pannes, est déjà utilisée sur plus de 100 000 outils de diagnostics dans l’automobile. L’idée est d’éviter au technicien de passer par toute la procédure standard pour identifier la cause d’une panne en utilisant des algorithmes développés à partir des données collectées sur les machines.

« En cas de panne sur une climatisation, le technicien va commencer par tester le compresseur, explique Tilak Kasturi, le fondateur de Predii. Or pour un modèle en particulier, notre algorithme sait que la probabilité est que la panne soit au niveau d’un relais électrique, un élément qui n’est pas dans la procédure d’identification initiale. Avec Predii, le technicien teste d’abord ce relais, ce qui fait gagner un temps précieux et allège la facture d’atelier. »

Réaliser des maintenances préventives

Actuellement, Predii identifie correctement 94 % des causes de pannes. L’objectif maintenant pour Tilak Kasturi est d’affiner ses algorithmes pour anticiper les pannes et proposer des maintenances préventives. « Plus nous collectons de données, plus nous allons être capables d’améliorer notre logiciel et d’identifier une future panne plusieurs heures avant qu’elle se produise, s’enthousiasme-t-il. Nous ne sommes pas encore sur le marché agricole, mais il représente un potentiel très intéressant sur lequel nous allons nous pencher prochainement. »

Corinne Le Gall