Ici, le loup ce n’est pas un problème mais une solution ! Dans la région de Chiba, à l’est de Tokyo, les agriculteurs sont confrontés à une recrudescence de cerfs, chevreuils et sangliers qui détruisent une grande partie de leur récolte. Cette invasion est une conséquence de la catastrophe de Fukushima, qui rend ce gibier impropre à la consommation et donc interdit à la chasse.

La coopérative agricole de Kisarazu, qui regroupe les plus grandes surfaces cultivables de la préfecture de Chiba, a décidé de s’attaquer au problème en faisant fuir les nuisibles avec un de leur prédateur naturel : le loup. Mais attention, pas question de remplacer un problème par un autre en réintroduisant une vraie meute. Les loups de Kisarazu sont des robots qui peuvent être remisés une fois la récolte terminée.

Un robot « terrifiant »

Le premier prototype, appelé Super Monster Wolf (loup supermonstre), mesure 65 centimètres de longueur pour 50 centimètres de hauteur, ce qui correspond quasi à la taille d’un loup adulte. Il est recouvert de fourrure et équipé d’un masque qui laisse apparaître des crocs acérés.

Le robot-loup détecte la présence d’animaux sauvages grâce à des capteurs infrarouges. Dès que l’animal s’approche, le robot se charge de l’intimider en émettant des flashs avec les leds rouges placées dans ses yeux et des sons dissuasifs.

Afin d’éviter l’accoutumance, le robot est capable de générer 18 sons différents dont le grognement d’un loup, la voix humaine et un tir de fusil. Ce type de robot est déjà utilisé dans l’île d’Hokkaïdo, au nord du Japon, pour éloigner les ours des habitations.

Des résultats probants

Selon la coopérative de Kisarazu, la mise en place du robot-loup est un succès et les agriculteurs n’ont déploré aucun dégât dans les cultures protégées par le prototype. Ils ont également constaté que le « Super Monster Wolf » avait aussi un effet d’intimidation sur les oiseaux. Ce loup sera commercialisé à partir de septembre 2017 pour un prix de 1 500 €.

Corinne Le Gall