Alors qu’il fallait près d’une heure et demie pour noter un troupeau de 80 laitières – sans même compter le temps de rentrer les données sur l’ordinateur –, seulement une trentaine de minutes sont désormais nécessaires avec le photopointage.

Cette technique, déjà présente sur certains robots de traite, consiste à prendre en photo le dos de la vache sur lequel est projeté un rayon laser (voir ci-contre). Des algorithmes ont été développés pour déterminer la note d’état corporel (de 1 à 5) à partir de points précis de la photo.

C’est un service que propose l’entreprise suisse Ingenera, en collaboration avec France Conseil Elevage (FCEL). « Notre objectif est de déployer le photopointage avec un recensement mensuel, réalisé par l’agent de pesée simultanément au contrôle de performances, décrit David Saunier, de FCEL. La méthode est en phase de test dans quelques départements, comme en Isère ou dans le Rhône, où trois élevages sont suivis. »

Suivi historique

« Après l’envoi des photos à Ingenera, les résultats sont reçus au plus tard dans les deux jours qui suivent, indique Marine Rivoire, qui a réalisé l’année dernière une étude préliminaire à la mise en place de l’outil pour les organismes de conseil. À terme, les résultats seront intégrés aux autres données de l’intranet des éleveurs. »

Pour que les notes d’état aient une réelle plus-value, elles devront donner lieu à une analyse. Le but est de pouvoir ajuster les rations des vaches trop maigres ou trop grasses, mais aussi de savoir si l’animal est suffisamment en état pour être inséminé.

En plus du gain de temps, le photopointage a pour avantage d’éliminer les approximations liées à l’œil humain. L’outil offre aussi un suivi historique : il est possible de comparer l’évolution corporelle d’une vache d’un mois sur l’autre. Pour l’instant, la prise d’image est assez technique, même pour les conseillers spécialisés. Certaines photos ne permettent pas d’obtenir un résultat, faute de qualité. Ce défaut de maniabilité sera corrigé par la caméra 3D, actuellement en développement.

Des perspectives avec la 3D. © France Conseil Élevage

Des perspectives avec la 3D

Dans un premier temps, nous voulons placer la caméra 3D au bout d’une perche, précise David Saunier, de France Conseil Élevage, comme pour la technique par laser. Mais à l’avenir, nous envisageons de la fixer dans un couloir ou une salle de traite. Au-delà des notes d’état, le développement de cette technologie pourrait nous donner des informations sur le remplissage du rumen des vaches ou sur leurs pattes et la locomotion… Pour les génisses, l’image 3D permettrait un suivi de croissance plus précis. Quant aux notes d’état corporel, il reste à adapter les algorithmes utilisés en deux dimensions pour la 3D.

Marylou Bressand