William Merideth, qui s’est autoproclamé « drone slayer » (massacreur de drone), est la nouvelle idole des farmers américains qui sont confrontés de plus en plus régulièrement à des survols de drone pilotés par des défenseurs de la cause animal ou des militants anti-agriculture.

Dans la plupart des États, la violation de la propriété privée autorise les agriculteurs à tirer sur les intrus pénétrant sur l’exploitation par voie terrestre. Mais en théorie, l’espace aérien est libre et c’est cette faille que les militants en quête d’images choc ont choisi d’exploiter.

Un vide juridique

Agacé par un drone qui survolait sa propriété du Kentucky, William Merideth n’a pas hésité longtemps à dégainer son fusil et à détruire l’engin volant à coup de calibre 12. David Boggs, le propriétaire du drone s’estimant dans son bon droit a porté l’affaire devant la justice, réclamant 1 500 euros de dommages et intérêts.

L’affaire relevant, selon lui, de l’aviation civile, il a choisi un tribunal fédéral. C’est là son erreur. Si le juge n’a pu que constater l’absence de réglementation sur la violation de propriété par drone, il n’a pas donné suite à la plainte du pilote, estimant qu’il revenait à un tribunal du Kentucky de statuer sur l’affaire et non à une cour fédérale.

Les soutiens de William Merideth, dans les rangs desquels on trouve de nombreux agriculteurs, se sont félicités de cette décision et appellent désormais le Congrès américain à considérer les survols de drones civils au-dessus des exploitations comme des violations de propriété privée. En attendant, les pilotes de drone sont prévenus, ils n’hésiteront plus à tirer.

C. Le Gall