L’année 2017 démarre en demi-teinte pour les constructeurs de drones. Parrot a par exemple rapidement pris la mesure des difficultés qu’il rencontre dès le mois de janvier 2017. La concurrence l’a contraint à tailler dans ses effectifs. Le propriétaire d’Airinov a dû se séparer de 290 salariés sur un total de 840, soit 30 % de son effectif. Le champion français subit à la fois la chute des ventes et la rude concurrence du poids lourd chinois DJI. Pour se relancer, Parrot évoque le lancement prochain de nouveaux produits innovants.

L’explosion d’une bulle ?

Au cours des derniers mois, d’autres acteurs ont dû revoir leur plan, voire se retirer de la course. Le Monde relève ainsi que l’américain Lily Robotics était parvenu à lever 34 millions de dollars et séduire 62 000 consommateurs en prévente. Mais la start-up s’est effondrée et se retrouve en faillite. Son compatriote 3-D Robotics, de plus grande dimension, a dû ralentir son activité. Yuneec, fabricant chinois qui avait reçu un investissement de 60 millions de dollars de la part d’Intel, doit se séparer de plus de la moitié de ses salariés en raison de la mévente de ses produits. Autel Robotics a aussi dû réduire la voilure, de même que le chinois Ehang.

Diversification à risque

À l’inverse, alors qu’elle s’est retrouvée en difficulté sur ses microcaméras, l’entreprise GoPro a parié sur les drones. Mais après plusieurs reports, elle a mis trop de temps à commercialiser les Karma, et a raté leur lancement. Moins professionnels que leurs concurrents, ces quadricoptères se distinguent pourtant par des aspects assez séduisants. Ils se dirigent avec une télécommande inspirée des manettes de jeux vidéo. Cette dernière intègre un écran tactile, deux joysticks et un bouton de décollage et d’atterrissage automatique. La caméra peut aussi être contrôlée avec un smartphone ou une tablette.

Segmentation du marché vers l’ultra-haut de gamme

Malgré l’enchaînement des mauvaises nouvelles dans le secteur, un autre poids lourd entre dans l’arène : Canon qui vient d’annoncer son souhait de se lancer dans la photographie aérienne. Le groupe japonais a même présenté un drone à six rotors baptisé PD6E200-AW-CJ1. Cet appareil s’adresserait plutôt aux professionnels. Il est conçu pour embarquer l’appareil ultra haut de gamme ME20F-SH de la marque. Sa sensibilité à 4 millions d’ISO promet des images exploitables même de nuit. L’ensemble serait résistant à l’eau et au vent, et le bras articulé pourra supporter jusqu’à 10 kg de charge. Mais tout cela a un coût. Le drone pourrait être facturé jusqu’à 20 000 dollars, le capteur optique aussi.

La voilure fixe plane

L’horizon semble plutôt dégagé pour Delair-Tech. Le fabricant toulousain a réussi une levée de fonds de 14 M€ et absorbé deux sociétés, le français Eukréa et le belge Gatewing. Avec un chiffre d’affaires triplé en 2016, à 6,7 M€, la PME leader de la voilure fixe veut accélérer ses ventes à l’exportation. Elle a vendu 778 drones en 2016 et développe son réseau dans 80 pays. Dernièrement, des bureaux ont ouvert à Los Angeles, Singapour et en Australie.

Vincent Gobert