Un châssis, une rangée de dents montées sur parallélogramme : difficile de faire plus simple qu’une bineuse. Et pourtant, avec le regain d’intérêt pour le désherbage mécanique, les bineuses embarquent des technologies réservées jusqu’à présent aux tracteurs et semoirs haut de gamme. Lors d’Agritechnica, deux tractoristes présenteront des solutions de binage de précision, développées en partenariat avec des constructeurs d’outils.

Une caméra 3D chez Claas

Claas a travaillé avec Einböck, Carré et Bednar pour développer la Culticam. Ce système est destiné à contrôler les mouvements latéraux de la bineuse. Jusqu’à présent, ces dispositifs de guidage sur le rang utilisent une caméra 2 D en couleur, mais Claas propose un système en 3D pour le CultiCam. Il s’agit d’une caméra équipée de deux lentilles qui fonctionnent en stéréo. Claas s’est appuyé sur son expérience du guidage optique des barres de coupe sur ses moissonneuses-batteuses pour développer la CultiCam.

L’algorithme d’analyse des couleurs prend aussi en compte la hauteur de la caméra et l’angle de détection. Une vanne proportionnelle pilote l’alignement des éléments sur le châssis afin que les éléments bineurs restent toujours bien alignés entre les rangs. L’imagerie 3D permet de continuer à travailler en présence de vent alors que le dispositif 2 D classique est trop perturbé par le nuage de poussière.

Le dispositif CultiCam développé par Claas. © © Claas

De son côté, John Deere exploite le récent rachat de Monosem, un des spécialistes français du binage, pour développer un outil de désherbage de haute technologie. Le déplacement latéral des éléments n’est pas réalisé au niveau du châssis mais directement avec les stabilisateurs latéraux du relevage à trois points du tracteur. Les stabilisateurs sont contrôlés par le terminal du tracteur qui est informé en temps réel de la position des éléments bineurs.

Une caméra installée sur la bineuse calcule en permanence la distance entre la pièce travaillante et la culture, afin de ne pas endommager les rangs. De plus, des coutres hydrauliques sont mis en place derrière le tracteur pour réduire et corriger la dérive latérale provoquée par les pentes et les vitesses élevées. Enfin, la bineuse est capable de prendre le contrôle sur le tracteur et d’adapter sa vitesse d’avancement en fonction de la qualité du travail. À cet effet, la présence d’un récepteur GPS sur la bineuse est nécessaire.

Corinne Le Gall