L’idée d’utiliser des drones pour intervenir sur les cultures lorsqu’un passage par voie terrestre n’est pas possible ou nécessite trop de temps fait son chemin peu à peu. Plusieurs dronistes travaillent avec des agriculteurs et des constructeurs de matériels agricoles pour développer des prototypes et les tester.
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L’idée d’utiliser des drones pour intervenir sur les cultures lorsqu’un passage par voie terrestre n’est pas possible ou nécessite trop de temps fait son chemin peu à peu. Plusieurs dronistes travaillent avec des agriculteurs et des constructeurs de matériels agricoles pour développer des prototypes et les tester.

En France, le plus avancé dans cette démarche est Reflet du Monde. L’entreprise développe ses produits en partenariat avec Ovalie Innovation, afin de proposer des solutions aux adhérents des coopératives Maïsadour et Vivadour. En octobre dernier, Reflet du Monde a dévoilé un modèle de 25 kg au décollage et 2 mètres de diamètre, dénommé RDM AG. Celui-ci est capable d’embarquer 10 kg de charges utiles de semences ou de produits de biocontrôle sous trois formes : graines, liquides ou capsules contenant des micro-organismes. Les trois systèmes de largage sont interchangeables sur le même drone en quelques minutes.

Solutions pour le biocontrôle

Cet engin est la version « haut débit » de celui de 12 kg, qui a ensemencé deux parcelles expérimentales avec un couvert végétal avant la récolte de la culture principale et le dernier tour d’eau en 2017. Avec ce drone, l’idée est d’implanter le couvert au moment où il a les meilleures chances de s’enraciner et de se développer, c’est-à-dire à l’ombre du maïs, et en bénéficiant de l’irrigation. Le RDM AG peut embarquer plus de 5 kg de semences et semer à une densité de 6 à 10 kg à l’hectare. Mais avec son dernier-né, le constructeur souhaite également apporter une solution pour le biocontrôle. La première application proposée aux adhérents des coopératives est le largage de trichogrammes sur des grandes surfaces. Ce drone sera exploité à partir de l’été 2019 par Ovalie Innovation, date à laquelle des précommandes seront ouvertes aux dronistes indépendants. Reflet du Monde annonce un prix moyen de 50 000 euros.

Embarquer un distributeur

De l’autre côté du Rhin, c’est le spécialiste du distributeur d’engrais Rauch (engins vendus aux couleurs de Kuhn en France) qui se lance dans les grands modèles avec l’Agronator. Cet octoptère à huit rotors possède un diamètre de 4 mètres et présente un poids total de 80 kg. Il est équipé d’un épandeur à un disque à entraînement électrique. Sa trémie de 50 litres embarque jusqu’à 30 kg de granulés. Deux batteries lithium polymère assurent une autonomie de quarante minutes en vol pour un temps de recharge de vingt minutes.

Réglementation stricte

Depuis peu, la start-up américaine Kiwi Technologies développe un drone de très gros gabarit conçu pour la pulvérisation. Si cette pratique, qui entre dans la catégorie des traitements aériens, est interdite en France, même à très basse altitude, elle est autorisée en Suisse et testée dans de nombreux pays, dont les États-Unis. Cette solution n’est pas rentable face aux traitements aériens classiques menés par hélicoptère ou avion, mais l’entreprise souhaite s’attaquer aux parcelles très spécifiques. à savoir, celles qui ne peuvent pas être pulvérisées par voie aérienne, en particulier les champs d’éoliennes et ceux qui sont extrêmement escarpés. La start-up présente également son drone comme une alternative discrète lorsque les voisins se plaignent des traitements par avion. Compte tenu de la faible capacité de chargement du drone, l’entreprise intervient avec deux aéronefs, l’un qui pulvérise et l’autre qui se recharge, afin de ne pas pénaliser le rendement du chantier.

Corinne Le Gall