La météo, c’est sa passion ! Producteur de céréales, de betteraves et de lin dans le département de l’Eure-et-Loir sur 350 hectares, Luc Lorin consacre une partie de son temps à la collecte de données sur son exploitation. Dans sa bibliothèque d’informations accumulées pendant vingt ans, on trouve aussi bien des données météo que des détails sur les traitements et les rendements.

À partir de cette mine d’informations, Luc Lorin a développé différents outils d’aide à la décision (OAD) et des modèles de prévision, à la fois pour la France mais aussi pour certains pays concurrents à l’exportation comme la Roumanie, la Russie et les États-Unis « parce que j’aime savoir comment sera la récolte chez eux », précise-t-il.

Prévoir le rendement

« Certains de mes modèles sont utilisés dans le cadre d’outils d’aide à la décision et tout particulièrement les outils de simulation des maladies cryptogamiques fonctionnant à partir de données météo journalières. J’ai également mis en place pour la France, un modèle de prévision de rendement et de modulation d’intrants, pour les cultures de blé, d’orge et de colza, à partir de l’indice de végétation par différence normalisé (NDVI). Cette solution permet de déterminer plusieurs critères physiologiques d’une culture (blé, orge, colza, mais…) et d’estimer le rendement avant la récolte. Toutes mes solutions, du semis à la récolte, sont regroupées dans le logiciel Visio-Crop, utilisable sur Smartphone. »

Interrogé sur l’intérêt d’obtenir des estimations de rendement dès le mois d’avril, Luc Lorin expose un cas concret, le sien : « Cette année avec la sécheresse du printemps, mon logiciel de modulation m’indique que je peux d’ores et déjà tabler sur une baisse de rendement de 10 % par rapport à mes prévisions d’origine. Je vais donc revoir à la baisse mes volumes engagés pour la vente et rester prudent. J’aime savoir à l’avance quels seront mes résultats. »

Traiter mieux, pas moins

Sur ses OAD pour le traitement et la modulation d’intrants, Luc Lorin veut être clair : « Il ne s’agit pas de traiter moins à tout prix, mais de traiter mieux. Cette année par exemple, j’ai très peu sorti le pulvé, en raison des conditions climatiques. Mais lors d’une autre campagne, je pourrai être amené à traiter beaucoup plus que sur une année normale. C’est tout l’intérêt de ces OAD : traiter au bon moment et à la dose nécessaire. »

Corinne Le Gall