Gilbert Lubierre a reçu pas moins d’une vingtaine de candidats en un mois et demi. À moins que ce ne soit une trentaine… « Je ne les compte plus », avoue-t-il, un peu dépité par un tel remue-ménage. Depuis cet été, cet éleveur spécialisé en ovins viande recherche un salarié agricole en CDI, à temps partiel, pour seconder son salarié qui veut désormais passer à...
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Gilbert Lubierre a reçu pas moins d’une vingtaine de candidats en un mois et demi. À moins que ce ne soit une trentaine… « Je ne les compte plus », avoue-t-il, un peu dépité par un tel remue-ménage. Depuis cet été, cet éleveur spécialisé en ovins viande recherche un salarié agricole en CDI, à temps partiel, pour seconder son salarié qui veut désormais passer à un mi-temps. Mais sur le site de Pôle Emploi, son annonce a été retirée. Non parce qu’il a trouvé à embaucher : « Pôle Emploi m’a dit ne pas pouvoir répondre à mes attentes. »

Face à un tel défilé de candidats, la question des exigences de l’agriculteur interroge. Pourtant, c’est bien du côté des profils envoyés que la bérézina semble trouver son explication : « Je leur ai demandé un salarié pour s’occuper de l’élevage ovin. J’ai reçu des carreleurs, des électriciens, des maçons, etc. Tout, sauf des profils agricoles. Et surtout des personnes qui venaient pour une semaine, quinze jours, pas pour un CDI. »

Quand Gilbert a proposé d’en revoir certains après formation, « Pôle emploi m’a répondu : « Pas de crédit, pas de formation. » C’était à moi de les former, et à ma charge en plus ! Aujourd’hui, j’ai 1 100 brebis. Alors, quand on est en plein agnelage, je n’ai pas le temps de former quelqu’un. »

L’exploitant a tenté de se renseigner auprès d’acteurs du recrutement dédiés à la production agricole. « Après quelques jours, je n’ai pas eu de retour, et j’ai besoin que ça aille vite maintenant. »

Il s’est finalement tourné vers Le Bon coin. La bonne nouvelle est que « seulement quelques jours après avoir posté mon annonce, j’ai déjà vu trois candidats spécialisés en ovins ! L’un d’eux a, entre-temps, été pris par un autre exploitant. Je vais donc choisir entre les deux autres, qui connaissent le métier et veulent se rapprocher de chez eux. Je viens de les voir en entretien, ils sont très bien. Pourvu que ça marche ! » (1)

Depuis 1998, Gilbert travaille aussi avec le service de remplacement et le groupement d’employeurs de son département. Même au sein de ces services, « c’est beaucoup plus compliqué de trouver un salarié qu’auparavant. Il n’y a plus personne de formé en élevage ovin. Aujourd’hui, ce sont des chauffeurs de tracteurs qui sortent des écoles. On a un gros souci de formation », ajoute encore l’éleveur, qui prône la relance de l’alternance et de l’apprentissage, dont il est lui-même issu.

(1) À l’heure où nous écrivons, Gilbert Lubierre, sur lequel nous reviendrons dans une prochaine édition, s’apprêtait à annoncer son choix aux candidats.