Cinquante ans, n’est-ce pas un peu tôt pour parler retraite ?

Etienne Brossellier : « Le constat au niveau agricole est que le montant des retraites est souvent faible de l’ordre de 750 à 800 €/mois en moyenne. L’agriculteur doit donc anticiper pour s’assurer un complément de revenu et ne pas perdre en niveau de vie le moment venu. Nos conseillers agricoles abordent le sujet de la retraite dès 50 ans. Il est indispensable de mettre en place des outils suffisamment en amont et ne pas attendre d’avoir atteint l’âge de partir. Cela peut être fait à l’occasion du rendez-vous annuel réalisé avec nos clients individuellement. Nous organisons aussi des réunions « clarté » pour les informer en collaboration avec les autres partenaires de l’exploitation sur ces sujets (centre de gestion, notaire…). »

Quels sont les outils qui existent ?

EB : « Les premiers leviers faciles à mettre en place sont ceux qui concernent l’épargne. Il y a bien sûr le contrat d’assurance vie qui nécessite une durée de huit ans pour être défiscalisé. Il existe aussi des outils permettant une défiscalisation pendant la période d’activité. On pense au Madelin agricole qui est un contrat de retraite complémentaire fondé sur le principe de la capitalisation. Pour l’exploitant qui emploie un (ou des) salarié(s), l’épargne salariale type plan d’épargne entreprise (PEE) et plan d’épargne retraite collective (Perco) sont des bonnes formules.

Le deuxième levier que l’agriculteur peut actionner concerne le rachat de compte courant d’associés. En dernière partie de carrière (voir pendant), lorsqu’il y a moins d’investissements, il peut être opportun de baisser son niveau de compte courant d’associés pour replacer ses fonds dans des produits d’épargne par exemple, tout en permettant une transmission plus aisée de son outil. »

Et pour les agriculteurs qui ont déjà pensé à tout cela ?

EB : « Pour ceux qui veulent aller plus loin, il existe d’autres dispositifs tels que la donation, la création de GFA/GFV (1), le démembrement de propriété ou encore le Pacte Dutreil permettant de faciliter cette transmission. Dans ce cas, nous orientons nos clients vers des conseillers en gestion de patrimoine pour une expertise plus approfondie de leur situation. Le conseiller agricole qui a une bonne connaissance du dossier est là pour accompagner dans la mise en place des premiers outils puis fait appel à l’appréciation du conseiller en patrimoine si nécessaire. »

Crédit Mutuel

(1) Groupement foncier agricole, groupement foncier viticole.

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