Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

« NOUS AVONS ACHETÉ UN ROBOT D'OCCASION DE QUATRE STALLES »

 - « NOUS AVONS ACHETÉ UN ROBOT D'OCCASION DE QUATRE STALLES »
« Il faut démystifier la chose. Un robot, c'est moins compliqué qu'il n'y paraît. Il faut avoir un esprit pratique, prendre le temps de connaître la machine pour repérer rapidement une panne et savoir la réparer », explique Marc Leroyer.

Avec le soutien de quelques compétences en robotique, Pascal et Marc Leroyer se sont appropriés la technologie du robot de traite comme si c'était une machine agricole ordinaire.

MARC ET PASCAL LEROYER SONT DES ÉLEVEURS très bricoleurs. Que la mécanique n'ait pas de secret pour eux, cela s'entend, mais qu'ils pratiquent aussi la robotique est plus original. Voyez plutôt : en 2008, les frères Leroyer ont acheté un robot AMS d'occasion de quatre stalles pour l'installer eux-mêmes dans leur bâtiment et traire ainsi les quatre-vingts vaches du troupeau.

Ces robots AMS se sont vendus en assez grande quantité en France à la fin des années 1990-début 2000. C'est une technologie Prolion adaptée au principe du multibox. Un bras robotisé mobile se déplace d'une stalle à l'autre et chaque stalle dispose de quatre gobelets de traite. Le bras robotisé les saisit un à un pour effectuer la pose. Les trayons étaient détectés grâce à des capteurs à ultrasons, une technologie aujourd'hui obsolète. Plusieurs de ces robots ont connu des échecs retentissants, souvent imputables à une implantation hâtive dans le bâtiment ou à une maîtrise insuffisante de l'utilisateur face à un outil exigeant.

« TOUT LE TROUPEAU TRAIT EN QUATRE HEURES »

La technologie de ces robots a ensuite évolué et ce principe du multibox a été successivement repris par RMS, puis GEA (Westfalia). Toujours est-il que ces robots AMS de première génération, à la technologie un peu ancienne, se retrouvent sur le marché d'occasion à des prix abordables. D'où la possibilité pour Marc et Pascal de se payer un quatre stalles pour 80 vaches, alors que cette taille est conseillée pour 150 animaux. « Dans l'idéal, il faudrait toujours pouvoir s'offrir cette surcapacité pour profiter pleinement d'un robot de traite, assure Marc. Grâce aux quatre stalles, je n'enclenche aucune alarme la nuit, les vaches en début de lactation sont traites quatre fois par jour et je peux continuer à faire pâturer les animaux autour du bâtiment sans problème. Tout le troupeau peut être trait en quatre heures. En cas de panne sur une stalle, la traite se poursuit sur les autres. Bien sûr, ce n'est possible qu'avec un robot d'occasion payé 40 000 quand un neuf est proposé à 340 000 €. » Soit, mais il faut quand même une sacrée audace pour investir 40 000 € dans un robot qui date de 2001 et qui n'a fonctionné qu'un an dans un élevage d'Île de France. C'est que Marc et Pascal ont bénéficié des connaissances de leur frère qui fut longtemps salarié chez RMS, la première société qui avait repris AMS.

C'est lui qui a initié Marc à la technologie du robot, et qui a participé aux branchements et aux réglages au moment de l'installation. Mais les éleveurs sont aujourd'hui complètement autonomes. GEA n'assure évidemment pas la maintenance pour des robots d'occasion achetés de gré à gré et, qui plus est, installés par l'éleveur lui-même. Cependant, le constructeur allemand fournit les pièces détachées nécessaires. Marc et Pascal ont pu aussi acquérir des vieux robots AMS hors d'usage qui leur servent de réserve de pièces. « Nous avons fait appel à des compétences extérieures. J'ai un petit réseau d'artisans ou de techniciens qui travaillent dans la robotique industrielle et qui peuvent m'aider si je bloque sur quelque chose. Mais il faut démystifier la chose. Un robot, c'est moins compliqué qu'il n'y paraît. Il faut avoir un esprit pratique, prendre le temps de connaître la machine pour repérer rapidement une panne et savoir la réparer. » Marc s'est aussi permis plusieurs modifications, notamment l'installation de caméras numériques à rayon laser qui améliorent nettement la détection des trayons.

« UN GAIN DE SIX HEURES DE TRAVAIL PAR JOUR »

Avec l'aide de son frère et d'un informaticien, il a aussi transféré le logiciel de suivi de troupeau sur un PC de bureau plus performant et plus pratique que l'écran attaché au robot.

« Je suis satisfait de notre investissement. Nous avons gagné six heures de travail par jour. Nous avons rencontré quelques petits problèmes, notamment celui de branchement avec les trayons avant trop serrés. Ce souci devrait être résolu en reculant la caméra de 40 mm. Il faut aussi reconnaître une augmentation des cellules. Il y aura des vaches à réformer. À l'inverse, les vaches qui sont traites trois fois par jour font beaucoup moins de mammites. Au bout de quatre mois de fonctionnement, nous sommes à 3,1 traites de moyenne grâce à un plancher que nous avons installé dans les box et qui améliore la fréquentation. »

DOMINIQUE GRÉMY
L'EXPLOITATION

- Ferrières-la-Verrerie (Orne)

- Deux frères associés en Gaec

- 180 ha de SAU, dont 100 ha d'herbe et 50 ha de maïs

- 80 vaches laitières

- 560 000 l de quota

- Activité de location de matériel agricole

Ce qu'ils ont fait :

- Achat d'un robot d'occasion en 2008 dans la région parisienne

- Mise en service en 2009

- Installation, branchement et maintenance : les éleveurs s'occupent de tout en faisant parfois appel à des techniciens

Tous les bénéfices d'un robot en surcapacité
Un robot AMS de 2001 Les éleveurs ont acheté un robot de traite AMS de première génération. Un bras robotisé se déplace d'une stalle à l'autre. Chaque stalle dispose de quatre gobelets. Ce robot a été équipé avec des caméras numériques à rayon laser pour la détection des trayons comme sur les robots modernes (photo ci-dessous). L'installation s'est faite avec l'aide d'un frère qui a longtemps travaillé dans la maintenance de ce type de robot. Une aide précieuse.

40 000 € AU LIEU DE 340 000 €

Placé au milieu des logettes Les quatre stalles ont pris la place de sept logettes dans le bâtiment. Les éleveurs ont disposé les trémies d'aliments au-dessus du robot. Après quatre mois de fonctionnement, les éleveurs constatent une moyenne de 3,1 traites par jour
Oser bricoler le robot Des robots hors d'usage ont été achetés. Ils servent de réservoir de pièces pour toute réparation. Marc n'hésite pas à réaliser ses propres aménagements : reculer un peu la caméra pour améliorer le branchement des trayons, changer le plancher des stalles pour améliorer le confort des vaches, et donc la fréquentation…
Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
En direct
Afficher toutes les actualités
Cet article est paru dans La France Agricole

Dans la même rubrique

Nos dernières vidéos

Sélectionné pour vous

Le vêlage : Complications du vêlage, maladies des nouveaux-nés et colostrum

29€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

Déguster et améliorer son vin 

39€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

INDEX ACTA BIOCONTRÔLE 2019

36€

Disponible

AJOUTER AU PANIER