«L’abeille a besoin de ressources polliniques pour mettre en place son système immunitaire. » Comme l’a rappelé Philippe Lecompte, apiculteur et président du Réseau biodiversité pour les abeilles, le 21 juin à Le Gua (Charente-Maritime - région la plus touchée par le problème), le colza et le tournesol fournissent l’essentiel de ce précieux pollen.
Contenu réservé aux abonnés de La France Agricole
pour vous connecter et poursuivre la lecture
21%

Vous avez parcouru 21% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant d’1 mois de découverte à La France Agricole
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Recevez les 2 newsletters
  • > Recevez 4 numéros chez vous
J'en profite !

«L’abeille a besoin de ressources polliniques pour mettre en place son système immunitaire. » Comme l’a rappelé Philippe Lecompte, apiculteur et président du Réseau biodiversité pour les abeilles, le 21 juin à Le Gua (Charente-Maritime - région la plus touchée par le problème), le colza et le tournesol fournissent l’essentiel de ce précieux pollen.

Mais en Poitou-Charentes, l’expansion de l’orobanche, jusqu’au nord de la Vienne et en Gironde, met l’abeille en péril. En effet, cette plante non chlorophyllienne parasite du colza se fait si présente que beaucoup de producteurs ont réduit leurs surfaces en production. L’orobanche n’a pas d’herbicide efficace. Quant aux variétés « à bon comportement », la plante parasite a sur elles une incidence qui varie d’une année à l’autre.

Miellées plus faibles

« Nous n’avons pas de réponse fiable pour les producteurs », regrette Nicolas Boursier, agronome chez Soufflet Agriculture, qui constate, dans certaines zones, une baisse des surfaces de colza. « Cela pose un problème agronomique : il n’y a pas vraiment d’autre tête de rotation possible, et on ne peut évidemment pas conseiller la monoculture de céréales à paille. »

L’orobanche a aussi de lourdes conséquences économiques. D’une part, parce qu’elle fait chuter les rendements de 50 à 100 %. D’autre part, parce que les cercles nus qu’elle laisse dans le colza sont colonisés par des mauvaises herbes qui vont accroître le coût du désherbage sur la culture suivante. Les surfaces de colza en moins, c’est autant de pollen perdu pour les abeilles. « S’il n’y a pas de colza, les miellées sont plus faibles en été, souligne Philippe Lecompte. Et l’abeille ne peut pas développer son système immunitaire. Elle devient plus fragile à ses propres parasites comme le varroa ou aux virus présents dans les ruches. » Ce qui peut se traduire par de fortes mortalités dans les ruchers. Pour contrer ces effets, Philippe Lecompte et Nicolas Boursier insistent sur la nécessité de choisir les variétés de colza qui ont le meilleur comportement face à l’orobanche. Un désherbage de post-levée peut aussi aider à la contenir.

Enfin, Philippe Lecompte plaide pour le maintien des jachères polliniques, qui permettent de fournir les besoins en pollen des abeilles entre la floraison du colza et celle du tournesol.

Myriam Guillemaud