Plus personne – ou presque – ne le conteste : le réchauffement climatique est une réalité, et il va en s’accélérant (lire p. 46). Pas de quoi réjouir les éleveurs, qu’ils mènent des troupeaux de ruminants ou des cheptels de porc ou de volailles. Car leur activité en subit les conséquences de plein fouet. Les températures en hausse et des précipitations plus aléatoires «...
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Plus personne ou presque ne le conteste : le réchauffement climatique est une réalité, et il va en s’accélérant (lire p. 46). Pas de quoi réjouir les éleveurs, qu’ils mènent des troupeaux de ruminants ou des cheptels de porc ou de volailles. Car leur activité en subit les conséquences de plein fouet. Les températures en hausse et des précipitations plus aléatoires « auront un impact via des effets cumulés sur les ressources alimentaires, sur l’environnement sanitaire et sur les performances et le bien-être des animaux », énumère David Renaudeau, de l’Inra.

« 17 jours d’avance »

En France, l’évolution du climat est déjà perceptible dans la plupart des régions, la plus touchée étant le Sud-Est. « Le climat méditerranéen remonte progressivement vers le nord. De fait, l’Ardèche, le sud Isère et la Drôme vivront bientôt ce qu’on vit déjà plus au sud, souligne Emmanuel Forel, conseiller à la chambre d’agriculture d’Ardèche. Le réchauffement se fait désormais sentir en automne-hiver, et plus seulement au printemps-été. En Ardèche, les pâtures ont 17 jours d’avance par rapport aux années 1980, soit 17 jours de pâturage en moins… L’intervalle entre le démarrage et l’épiaison s’est réduit, et il y a peu de repousses après épiaison car l’été arrive plus tôt, avec son creux estival de production. En 2017, la sécheresse d’automne était inédite, il n’y a eu aucune arrière-saison de pâturage. On est démuni quand on en arrive à ces extrêmes. En parallèle, on reste sous le coup d’aléas climatiques, comme cet hiver 2017-2018 tardif, doux en décembre-janvier puis très froid en février-mars. » En 2016, c’est la très forte pluviométrie du printemps qui s’est avérée catastrophique pour le pâturage et la confection des stocks fourragers.

Les instituts techniques élaborent différents scénarios d’évolution et travaillent sur des pistes d’adaptation selon les impacts sur l’élevage. Leurs objectifs : améliorer la résilience de l’exploitation et des animaux, et réduire leur vulnérabilité face aux événements climatiques. Sur le terrain, les éleveurs mettent déjà en œuvre des stratégies (lire pages 47,49, 50).

Aide à la décision

Les outils de conseil devront également évoluer. « Nous serons amenés à apporter davantage d’informations sur comment négocier son maïs, comment évaluer son rendement, à quel prix mettre en place une dérobée et quels sont les risques, évaluer aussi les échanges paille-fumier, savoir s’il vaut mieux acheter de la paille ou du foin… », énumère Emmanuel Forel.

Mais pour apporter un appui judicieux, il y a besoin d’éléments supplémentaires. « Dans la filière porcine, il faudra savoir évaluer l’effet du climat sur des bâtiments fermés, pour prédire quelle est la température ressentie par les animaux en fonction de la température extérieure, explique David Renaudeau. Les éleveurs attendent un outil d’aide à la décision : quelles races utiliser, comment gérer le troupeau pour réduire le risque, quelles alternatives face à une hausse du coût alimentaire… Or les porcs, dans 30 ou 50 ans, n’auront plus du tout le même potentiel génétique qu’aujourd’hui. L’amélioration des performances permettra peut-être de couvrir une partie du recul de performance lié aux conditions climatiques. »

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