Les années se suivent mais ne se ressemblent pas. Les éleveurs qui produisent du maïs fourrage ne diront pas le contraire : la récolte 2018 tranche avec l’excellent cru de l’année passée. Le début de saison était pourtant prometteur. Malgré des dates de semis sensiblement décalées en raison d’un printemps pluvieux, « ce retard a été comblé à la faveur de conditions...
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Les années se suivent mais ne se ressemblent pas. Les éleveurs qui produisent du maïs fourrage ne diront pas le contraire : la récolte 2018 tranche avec l’excellent cru de l’année passée. Le début de saison était pourtant prometteur. Malgré des dates de semis sensiblement décalées en raison d’un printemps pluvieux, « ce retard a été comblé à la faveur de conditions très favorables au démarrage des maïs », rapporte Arvalis.

Sur des sols bien pourvus en eau et avec un important excédent de température, le stade floraison est atteint avec dix à quinze jours d’avance selon les régions. Les mois de juillet et août chauds et secs ont conforté cette accélération du cycle, précipitant les chantiers d’ensilage dès la première quinzaine d’août, à des taux de matière sèche supérieurs à l’objectif de 32 à 33 %. En conséquence, les rendements marquent le pas. La récolte 2018 est également moins riche en énergie et plus encombrante que l’an passé (lire p. 60).

Alors que la sécheresse estivale a contraint de nombreux éleveurs à puiser dans leurs réserves fourragères, la gestion des stocks est un enjeu crucial pour tenir jusqu’au printemps, et dans le meilleur des cas jusqu’à la prochaine récolte de maïs (lire p. 61). La réalisation d’un bilan fourrager à intervalle régulier est plus que jamais conseillée. Des solutions existent pour limiter les gaspillages. La stratégie de rationnement nécessite également des adaptations (lire p. 62). Pour contenir l’envolée du coût alimentaire et maintenir un bon fonctionnement du rumen, l’utilisation de fourrages complémentaires est à privilégier en substitution du maïs. Afin d’assurer une bonne efficacité alimentaire, l’équilibre de la ration de base est indispensable. La complémentation est à raisonner au cas par cas. Elle doit se traduire par l’augmentation de la production laitière escomptée.

Après une année si atypique, la tentation est grande d’opter pour des variétés plus tardives en 2019, afin de ne pas se faire surprendre par une accélération trop brutale du développement de la plante (lire p. 63). La prudence reste toutefois de mise. Si 2018 a été marquée par une météo estivale exceptionnelle, le scénario des températures inférieures à la normale durant l’été ne peut être exclu pour les années à venir.

Vincent Guyot et Isabelle Escoffier