À Mœurs-Verdey (Marne), Michel et Cyril de Bonnay cultivent des porte-graines depuis trente ans. « Comme je n’avais pas de pâture, je cherchais un moyen pour produire un peu de foin pour les moutons, raconte Michel de Bonnay. Ça permettait également de diversifier l’assolement. »
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À Mœurs-Verdey (Marne), Michel et Cyril de Bonnay cultivent des porte-graines depuis trente ans. « Comme je n’avais pas de pâture, je cherchais un moyen pour produire un peu de foin pour les moutons, raconte Michel de Bonnay. Ça permettait également de diversifier l’assolement. »

L’usine du semencier Barenbrug étant située à 25 km, le Gaec a pu passer des contrats de production en direct. Chaque année, environ 10 ha de ray-grass, 10 ha de fétuque et 5 ha de lotier sont implantés sur les 130 ha de SAU.

La fétuque et le lotier sont semés pour deux ans au début du mois de juillet, après l’escourgeon, et le ray-grass début septembre. « La première difficulté est de réussir l’implantation à une période où l’on peut manquer d’eau. Ensuite, le désherbage est un peu compliqué en raison du peu d’herbicides disponibles. » Or, une des principales exigences du cahier des charges est l’absence d’adventices graminées à la récolte. Un labour est donc réalisé systématiquement avant l’implantation. « Début octobre, on désherbe au stade 1-2 feuilles de la fétuque et du ray-grass avec 2 1/ha de Tramat F et 2,5 1/ha de Bofix. Le lotier est désherbé au mois d’octobre avec 10 g/ha d’Allié SX (anti-dicots), puis en novembre avec 1,8 1/ha de Kerb Flo (anti-graminées). »

Le ray-grass et la fétuque se récoltent en juillet, et le lotier fin août entre 17 et 20 % d’humidité avec des réglages spécifiques sur la moissonneuse. La récolte est ensuite séchée à la ferme pendant quelques jours pour abaisser l’humidité à 12 %. Le rendement est très dépendant des conditions de fécondation et du choix du jour de la récolte. « Il faut éviter que ça soit trop sec. Si un orage est annoncé, il vaut mieux récolter avant car la production peut être fortement égrainée. »

Récolte technique

Les porte-graines fournissent également du fourrage aux 300 brebis élevées en bergerie grâce à une pré-coupe début mai sur le ray-grass et début juin sur le lotier, ensilée après avoir séché quelques jours au champ. « Cela n’est pas réalisable avec la fétuque car elle ne monterait plus à graines. » Les 3 à 3,5 tonnes de MS/ha en lotier et 8 t de MS/ha en ray-grass nourrissent le troupeau du 10 septembre à fin avril, en y ajoutant un peu d’orge et de tourteau. La marge par brebis est ainsi doublée, sans incidence sur la production des semences et sans mobiliser de surfaces. Les pailles des porte-graines, dont la valeur alimentaire est intermédiaire entre le foin et la paille de blé, sont aussi récoltées pour les moutons.

Chantal Urvoy